Un bruyant chantier du ministère des Transports (MTQ) a tenu éveillés passé minuit, mardi soir, des centaines de résidents des quartiers Villeray et Ahuntsic, de part et d’autre de l’autoroute Métropolitaine. Et cette symphonie de pics démolisseurs et d’aspirateur géant pourrait bien se répéter tous les soirs, durant des semaines.

Bruno Bisson Bruno Bisson
La Presse

Le MTQ a en effet autorisé l’entrepreneur responsable des travaux de pavage et de réparations de l’autoroute Métropolitaine à réaliser les activités les plus bruyantes de son chantier jusqu’à 0 h 30, tous les soirs, au milieu de quartiers denses et populeux, en raison d’une plage horaire déjà très réduite pour réaliser ces travaux.

« En ce moment, et pour les prochaines semaines, les travaux vont se concentrer sur le secteur (de l’autoroute 40) compris entre l’avenue Christophe-Colomb et le boulevard de L’Acadie dans le secteur du Marché Central, a indiqué mercredi une porte-parole du ministère, Sarah Bensadoun. Les interventions les plus bruyantes sont concentrées entre 21 h et 0 h 30, et viennent du fait qu’on doit casser du béton et aspirer tous les matériaux projetés », au cours de cette démolition de chaussée.

Le chantier de pavage de la plus importante autoroute de Montréal a commencé l’an dernier, dans l’est de Montréal. Après la suspension des travaux pour l’hiver et une pause plus longue que prévu en raison de la COVID-19, les travaux ont repris mardi, à hauteur de l’avenue Christophe-Colomb. Les résidents des alentours n’ont pas tardé à le réaliser.

Qui passe l’aspirateur dans la rue ?

Il était passé 23 h 30, mardi soir, et Vera Neves, une résidente du quartier Villeray qui habite à seulement quelques centaines de mètres au sud de l’autoroute Métropolitaine (A40), n’arrivait pas à dormir.  

« Entendez-vous un bruit de moteur depuis quelques heures dans le quartier ? demande-t-elle aux membres du groupe Facebook du Bazar de Villeray. Je me demande si ça pourrait être la construction sur (l’autoroute) 40, la nuit. C’est fatigant, et ça nous empêche de dormir. »

« On a l’impression qu’ils font les travaux dans notre salon tellement c’est bruyant », lui a répondu un autre membre du groupe, résidant à presque deux kilomètres plus à l’est. « Nous, écrit un autre, on l’entendait au coin de Saint-Laurent et Gouin », soit à presque 4 kilomètres du chantier.

« Qui passe l’aspirateur dans la rue au milieu de la nuit ? », a finalement demandé un des membres du Bazar.

Comme c’est un endroit qui est assez densément peuplé et que les résidences sont assez rapprochées de l’autoroute, c’est normal qu’ils l’entendent. Nous avons envisagé d’installer des écrans antibruit temporaires, mais le montage et le démontage prendraient trop de temps sur les heures disponibles.

La porte-parole du ministère, Sarah Bensadoun

De plus, ajoute-t-elle, il s’agit d’un chantier mobile, qui avance de quelques dizaines de mètres chaque soir, à mesure que la chaussée est réparée et pavée. Enfin, l’autoroute 40 étant déjà surélevée, l’installation de panneaux antibruit n’aurait qu’un effet d’atténuation marginal pour les bâtiments environnants et ceux qui y habitent, dit Mme Bensadoun.

Assourdissant

Le bruit dominant en provenance du chantier du MTQ a été décrit comme un puissant vrombissement de moteur et correspond au bruit des machines qui aspirent les débris produits lors du concassage du béton sur la chaussée de l’A40.

En règle générale, ces épisodes de bruit sont concentrés durant le jour sur les chantiers du MTQ. Celui de l’autoroute Métropolitaine n’est toutefois en activité que la nuit, entre 21 h et 5 h du matin, en raison d’une circulation automobile quotidienne qui demeure relativement importante, même en période de pandémie.

C’est pour cette raison que le MTQ a dû autoriser l’entrepreneur à réaliser des travaux bruyants jusqu’à 0 h 30 tous les soirs.