La cause est entendue : la STM a confirmé qu’elle installerait dans ses voitures Azur des poignées accrochées aux barres de préhension horizontales, jugées trop hautes par plusieurs passagers.

Marc Tison Marc Tison
La Presse

Mais le designer du nouveau métro, Jean Labbé, s’élève vigoureusement contre cette solution « comme on voyait dans les autobus il y a 30 ans, et avec le même style, en plus ».

« C’est comme reculer de 30 ou 40 ans », déplore le designer industriel, dont la firme homonyme avait contribué à la conception du train, avec le consortium Bombardier-Alstom et la STM.

« Ça n’a pas pris de temps pour commencer à massacrer les voitures Azur : aussitôt que le designer n’est pas là, constate-t-il. Et il n’y a pas de designer industriel à la STM. Il n’y a personne qui parle au nom du produit. »

Le designer maintenant retraité a fait cette dénonciation hier matin, alors qu’on ne connaissait pas encore la décision de la STM, confirmée dans la journée.

La STM installera des sangles dans l’ensemble de ses trains AZUR, soit à bord des 54 trains actuels et dans les 17 autres qui seront livrés à compter du printemps prochain.

Hausser ou baisser la barre ?

Dès le lancement du métro Azur, des plaintes s’étaient fait entendre sur la hauteur des barres de préhension horizontales, placées quelques centimètres plus haut que dans les anciennes voitures.

« Ils disent que la barre de préhension est trop haute, ce n’est pas vrai, défend Jean Labbé. Les barres de préhension sont un des éléments les plus critiques dans le transport de passagers. »

« C’est une critique qu’on entend partout dans le monde. Mais il y a une raison : il faut qu’elles soient à ces hauteurs-là pour des raisons de sécurité. »

En effet, la STM en convient.

« L’emplacement des barres horizontales a été déterminé selon les standards anthropomorphiques nord-américains et cette décision a été prise par la STM et le Consortium Bombardier-Alstom, en suivant également les recommandations du designer Labbé, a commenté le porte-parole de la STM Philippe Déry. La décision de relever les barres visait aussi à répondre aux commentaires exprimés par des clients à l’effet qu’ils s’y cognaient la tête dans nos anciens trains. »

Les clients ont parlé

La STM ne veut pas revoir la hauteur de ses barres, mais en réponse aux critiques de ses usagers, elle avait annoncé en mai dernier qu’une vingtaine de clients avaient été conviés à faire l’essai de sangles dans une voiture témoin.

L’essai s’est révélé positif, a indiqué Philippe Déry.

« Encore une fois, ils vont utiliser ça pour se déresponsabiliser, s’est emporté Jean Labbé. Ce n’est pas aux citoyens de la ville de Montréal de faire le design du véhicule. Ce sont des experts qui sont supposés faire ça. »

Pour sa part, la STM estime que les poignées suspendues favoriseront une meilleure répartition des clients dans les voitures et maximiseront l’utilisation de l’espace dans les rames.