Plus de préservation, moins de développement. Après des années à ajouter des nouveaux équipements lourds dans le parc Jean-Drapeau, Montréal doit maintenant mieux protéger les espaces verts et davantage mettre en valeur son patrimoine, recommande l'Office de consultation publique de Montréal.

PIERRE-ANDRÉ NORMANDIN LA PRESSE

Pas moins de 7100 Montréalais ont pris part à la consultation publique lancée au printemps dernier sur l'avenir du parc Jean-Drapeau. L'OCPM conclut qu'il existe « un important déséquilibre » entre la double vocation d'espace nature et de lieu de diffusion de grands événements.

Le rapport de 182 pages rendu public ce matin conclut à la « nécessité d'un retour de balancier important en faveur de la préservation et de la mise en valeur du patrimoine naturel et bâti des îles », écrit Dominique Ollivier, présidente de l'OCPM.

Dans ses 20 recommandations, l'Office invite Montréal à revenir au plan directeur de 1993 afin de préparer l'avenir du parc. Le rapport recommande d'en faire un « grand parc urbain animé, vert et bleu » tout en restaurant les bâtiments délaissés, dont la Place des Nations, le Pavillon de la Corée, le Hélène-de-Champlain et les édifices militaires.

Le rapport recommande aussi de « redonner cette identité singulière des beaux jours d'Expo 67, des Jeux olympiques et des Floralies » au parc Jean-Drapeau.

L'élu responsable des grands parcs au sein de l'administration Plante, Luc Ferrandez, a accueilli positivement le rapport. « Il faut faire confiance au conseil d'administration et exiger d'eux des résultats », a-t-il dit.

Luc Ferrandez a souligné que trop d'espace a été accordé à la voiture ces dernières années. « Pour Expo 67, on prévoyait 12 millions de visiteurs et il en est venu 50 millions. Et je vous rappelle qu'il y avait zéro stationnement », a-t-il exposé. Or, avec 8 millions de visiteurs par an aujourd'hui, l'espace vert dispose de 15 stationnements où se rendent 8000 voitures par jour.

Le rapport recommande d'ailleurs clairement de « réduire le nombre de stationnements », ce qui permettrait d'aménager une promenade en rive. Afin de favoriser l'utilisation de l'espace par les piétons et les cyclistes, on recommande aussi de réduire la circulation, notamment en décourageant la circulation de transit sur l'île Saint-Hélène.