Une fois reconstruite, la chaussée d'une rue devrait avoir une durée de vie minimale de cinq ans avant que n'apparaissent des nids-de-poule, croit l'opposition officielle à l'hôtel de ville de Montréal. Pour y parvenir, cette dernière propose de prolonger la garantie des travaux et ainsi responsabiliser davantage les entrepreneurs généraux.

KATHLEEN LÉVESQUE LA PRESSE

« On a des garanties de cinq ans pour des automobiles et même pour des appareils ménagers. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas exiger la même chose pour nos infrastructures routières », estime le chef de l'opposition officielle, le conseiller municipal Lionel Perez. « Notre but, c'est d'en avoir pour notre argent. »

À l'assemblée du conseil municipal lundi prochain, M. Perez présentera une motion pour augmenter la garantie des travaux de construction routière, qui est présentement de 12 mois à compter du moment où un chantier franchit l'étape dite de la « réception provisoire des travaux ». Il n'est pas question de retenir un pourcentage du paiement à verser aux fournisseurs mais plutôt de « miser sur l'impact sur la réputation de la compagnie et d'avoir de bonnes assises juridiques pour faire respecter les garanties », explique Lionel Perez.

Dans l'éventualité que le conseil municipal donne son aval à une telle proposition, la garantie exigée passerait à cinq ans pour la reconstruction de la chaussée et à deux ans dans le cas d'une réhabilitation. Ainsi, si des fissures ou des nids-de-poule devaient apparaître durant cette période, l'entrepreneur qui a réalisé les travaux aurait l'obligation d'apporter des corrections à ses frais. « Ce n'est pas aux Montréalais de payer pour ces réparations. On investit tellement d'argent dans nos rues ! », souligne M. Perez.

Rapport du BIG

Pour la période 2019-2021, la Ville de Montréal a prévu injecter plus de 2 milliards de dollars dans ses infrastructures routières, dont 1,5 milliard qui doit être consacré à la protection des actifs. Les investissements pour combler le déficit d'entretien sont en accélération depuis 2013, rappelle-t-on.

L'automne dernier, le Bureau de l'inspecteur général de Montréal (BIG) a soulevé de nombreuses irrégularités dans la surveillance des chantiers alors que des entrepreneurs ne respectent pas les normes de qualité exigées. Selon le rapport du BIG qui s'appuie sur 83 opérations de vérification de chantiers (rues et trottoirs), « certains entrepreneurs tentent de gagner temps et argent en économisant sur les quantités et la qualité du matériel ».

Certains travaux prévus au contrat ne sont pas effectués, de même que des réparations qui devraient être faites après le planage d'une rue. « Une conséquence importante à ne pas corriger les défauts ponctuels est l'apparition de nids-de-poule », peut-on lire dans le rapport. Rappelons que Montréal répare quelque 200 000 nids-de-poule par année.

L'opposition officielle se réfère également au rapport annuel d'auscultation du réseau routier montréalais. Le dernier rapport indiquait que 45 % des 4070 km de chaussée sont en mauvais ou en très mauvais état.