Le premier centre de compostage de Montréal coûtera beaucoup plus cher que prévu. L'administration Plante s'apprête à accorder un contrat de 175 millions pour son aménagement, soit 51% de plus que la plus récente estimation.

PIERRE-ANDRÉ NORMANDIN LA PRESSE

«On doit le faire, on doit aller de l'avant. On a évalué ce qui se passe ailleurs au Québec et les prix ont augmenté partout», a indiqué la mairesse Valérie Plante.

La métropole travaille depuis dix ans à l'aménagement de cinq centres de compostage et de biométhanisation pour mieux traiter les matières organiques générées par les Montréalais. Un tout premier projet ira finalement de l'avant à Saint-Laurent malgré la facture salée alors que les élus doivent entériner un contrat à l'entreprise Suez Canada Waste Services.

Seulement deux entreprises ont participé à l'appel d'offres de la Ville, soit Suez, avec une offre de 175 millions, et La compagnie de recyclage MD, qui demandait 220 millions.

Montréal, qui s'attendait à payer 115 millions, explique cet écart par les dimensions du projet et le type d'équipements choisi. Les deux soumissionnaires ont proposé une usine de superficie beaucoup plus grande pour répondre aux exigences de la Ville. La métropole prévoyait avoir besoin d'une superficie de 12 150 m2, mais Suez suggère plutôt d'en aménager une de tout près de 19 000 m2. En tenant compte de ce facteur, la Ville évalue que l'écart de prix est de seulement 14%.

La facture de 175 millions inclut les coûts d'exploitation, évalués à 29,3 millions d'ici 2026. Montréal ne paiera pas seule ce projet. La Ville indique qu'elle sera éligible à une subvention de 28,7 millions du ministère de l'Environnement.

Le contrat doit être officiellement adopté par le conseil d'agglomération le 28 février prochain. Les travaux devraient avoir lieu d'avril 2019 à septembre 2021.

Le contrat prévoit des pénalités de retard importantes. Ainsi, une pénalité de 3500 $ par jour pourra être imposée pour le premier mois de retard. Ensuite, les pénalités grimperont à 5000 $ par jour si la livraison prend de 31 à 100 jours de retard. Au-delà de 100 jours, les pénalités grimperont à 10 000 $ par jour.

Le chef de l'opposition officielle, Lionel Perez, s'est dit préoccupé par l'explosion des coûts. Selon lui, le «manque de direction» dans ce dossier justifie que la Vérificatrice générale de la Ville puisse apporter son éclairage. «On devrait prendre une pause et confier à la Vérificatrice générale le soin de revoir le dossier pour donner l'heure juste», a réagi M. Perez.

45 millions pour une usine d'eau

Par ailleurs, l'administration Plante s'apprête à octroyer un autre contrat majeur mercredi. Elle compte confier un mandat de 45 millions à l'entreprise Allen Entrepreneur Général pour achever la modernisation de l'usine d'eau potable de Pierrefonds.

Des travaux ont eu lieu entre 2006 et 2012 sur cette installation, mais plusieurs restaient à faire, dont « la modernisation des différents procédés chimiques, l'ajout d'un procédé de traitement au rayon ultra-violet et la mise en service du système d'ozonation, installé dans le cadre des travaux précédents ».

Bien qu'une seule entreprise ait participé à l'appel d'offres, sa soumission a été inférieure aux estimations de la Ville de 15 %. L'entrepreneur aura 887 jours pour réaliser les travaux et s'exposera à des pénalités de 38 658 $ par jour de retard.

- Avec Kathleen Lévesque