L'arrondissement d'Anjou n'attendra plus les ordres de la Ville de Montréal pour déclencher les opérations du chargement de la neige. Dans un coup d'éclat, le maire Luis Miranda s'est excusé à ses citoyens pour la piètre qualité du déneigement cet hiver, blâmant l'administration Plante.

Pierre-André Normandin LA PRESSE

À la fin novembre, Anjou avait demandé l'autorisation de charger les 12 cm de neige tombés, mais la ville-centre lui avait refusé. Le maire Luis Miranda est convaincu que ce sont ces précipitations, qui ont fini par geler au sol, qui expliquent l'état lamentable des rues de son arrondissement. «Si j'avais ramassé la neige, on ne serait pas dans la situation où on est présentement», tonne l'élu de ce secteur de l'est de l'île.

«Mais c'est fini», dit maintenant Luis Miranda. Dans une déclaration écrite, le maire d'Anjou a officiellement présenté ses excuses à ses concitoyens pour l'état des rues. «Je m'excuse sincèrement auprès de mes citoyens ! Nous aurions dû ramasser la neige.»

En entrevue, Luis Miranda n'a pas mâché ses mots envers l'administration Plante, qui a trop tardé à déclencher l'enlèvement de la neige. «C'est de l'incompétence de leur part. Tu peux l'écrire», a-t-il lancé.

Luis Miranda en a profité pour annoncer qu'il ne compte plus attendre le feu vert de l'administration Plante et prévoit désormais déclencher les opérations quand il le juge nécessaire. Quitte à se voir pénaliser par la Ville de Montréal qui gère le financement du service.

La gestion du déneigement a été complètement revue sous Denis Coderre. Auparavant sous l'unique responsabilité des arrondissements, ce service a été en grande partie centralisé. Depuis 2017, les arrondissements continuent à gérer les opérations au jour le jour, mais c'est la ville-centre qui établit les normes de service et décrète le déclenchement des opérations.

Dans cette refonte, le financement du déneigement a été revu. Les arrondissements ne disposent plus de budget neige, le tout étant payé par la ville-centre.

Luis Miranda dit ne pas avoir de problème à ce que la ville-centre établisse des normes, mais considère qu'il devrait revenir aux administrations locales de décider quand sortir la machinerie, les conditions pouvant varier d'un endroit à l'autre.

Si Montréal devait retenir des sommes parce qu'il mène trop d'opérations d'enlèvement de la neige, Luis Miranda prévoit s'adresser à la Commission municipale du Québec, qui gère les litiges municipaux.

«Faites votre job»

La mairesse Valérie Plante a assuré que la Ville de Montréal «met toutes les énergies nécessaires» pour assurer le déneigement. Elle a toutefois blâmé les conditions météorologiques changeantes pour l'état des rues, les températures jouant au yoyo depuis quelques semaines.

«Les équipes sont au travail depuis le 21 janvier », a-t-elle souligné.

La mairesse a déploré les attaques de l'opposition sur le déneigement. «C'est dommage de faire de la politique sur les conditions hivernales.»

Plutôt que critiquer, elle invite ces élus à suivre de plus près les opérations. «Peut-on arrêter de critiquer ? Faites votre job, soyez sur le terrain, talonnez votre directeur d'arrondissement pour vous assurer que le travail est fait sur le terrain.»

Piquée au vif, l'opposition estime que c'est la gestion de la politique de déneigement qui a été problématique et non la politique en elle-même. Lionel Perez aussi estime que c'est la décision de ne pas ramasser la neige tombée à la fin novembre qui est à l'origine des problèmes vécus cet hiver. «Ça a fini par former une plaque de glace et qui est comme de la roche.»