Doter les 3000 patrouilleurs du SPVM de caméras portatives serait «prématuré», évalue le président de la Commission de la sécurité publique de Montréal, Alex Norris.

Pierre-André Normandin LA PRESSE

«Il serait probablement prématuré de s'engager à dépenser au cours des prochaines décennies des centaines de millions avec la technologie que nous avons à l'heure actuelle», a estimé l'élu, membre de l'administration Plante.

La Commission de la sécurité publique de Montréal a étudié ce matin le rapport du SPVM sur son projet-pilote des caméras portatives. Alex Norris estime que le projet-pilote mené par le corps policier en 2016 et 2017 a mis en lumière les limites de la technologie.

Les responsables ont en effet souligné que plusieurs événements n'avaient été filmés que partiellement. Durant le projet-pilote, 19 «usages de la force» de la part des policiers ont été noté. Du lot, seulement 13 ont été filmés. Voilà, les enregistrements étaient complets dans seulement 8 cas. Dans les cinq autres événements, la captation débute pendant que la situation dégénère ou après les faits.

«Si on engage de tels coûts et non n'a que des séquences fragmentaires, on peut questionner l'utilité d'une telle dépense, le rapport coût-bénéfice», a dit Alex Norris.