Un policier jugé coupable de trafic de stéroïdes en uniforme vient de recevoir une suspension de deux mois pour ces gestes, après avoir réintégré le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD LA PRESSE

C'est le Comité de déontologie policière qui lui a imposé cette peine.

Charles Lavallée avait été arrêté le 24 avril 2012 dans le stationnement du quartier général du SPVM. Il était en uniforme, se préparant à intervenir avec des collègues dans une manifestation étudiante, lorsqu'il a fourni une bouteille de stéroïdes à un collègue. Des enquêteurs le soupçonnaient d'être impliqué dans ce type de transactions et Lavallée était filé depuis le début de la journée. Il a aussitôt été arrêté.

En 2015, la justice a reconnu le policier coupable de trafic de stéroïdes, mais lui a accordé une absolution inconditionnelle. Le juge Jean-Pierre Boyer a souligné qu'il avait déjà été longuement suspendu sans solde, avait vécu une séparation et qu'il était «un policier compétent, intéressé par son travail et reconnu comme tel par ses supérieurs».

L'absolution inconditionnelle n'entraîne aucune tache au casier judiciaire du condamné.

«Haut niveau de gravité»

Charles Lavallée a été réintégré au SPVM l'année suivante, après avoir été suspendu 80 jours par le comité de discipline du corps de police. Rapidement, il a été assigné à un groupe d'intervention.

Dans sa décision datée du 11 janvier dernier, le Comité de déontologie policière vient ajouter une nouvelle période de congé forcé à la carrière du policier.

«L'agent Lavallée a agi en pleine connaissance de cause, lorsqu'il a posé le geste qui lui est reproché, a écrit le Comité. Il savait que ce qu'il faisait était illégal.» Les gestes posés ont un «haut niveau de gravité», a-t-il ajouté.

«Pour performer au maximum»

Pour sa défense, le policier a fait valoir qu'il s'entraînait beaucoup et avait commencé à acheter des stéroïdes pour «performer au maximum dans tous les domaines pour rehausser son image et être plus fort». Il a assuré qu'il comprenait son erreur et l'assumait entièrement.

Il demandait à ne recevoir qu'une seule journée de suspension, alors que la partie adverse suggérait au Comité de déontologie policière de destituer purement et simplement le policier.

L'avocat de M. Lavallée, Pascal Lescarbeau, n'a pas rappelé La Presse pour transmettre ses commentaires ou ceux de son client.