Le projet Royalmount risque de nuire aux commerces voisins des salles de spectacles du reste de l'île, craint l'administration Plante.

Mis à jour le 16 janv. 2019
PIERRE-ANDRÉ NORMANDIn LA PRESSE

La Ville de Montréal et le Quartier des spectacles ont dévoilé une étude ce matin sur les retombées économiques des salles de spectacles implantées sur l'île. On y indique que les spectateurs ont dépensé en moyenne 115 $ à chaque sortie.

De cette somme, 60 % sont allés aux salles de spectacles, tandis que le reste est allé aux commerces locaux avoisinants. Un peu plus de la moitié des dépenses faites dans les commerces (56 %) a été faite dans les restaurants et les bars, le quart en hébergement, 9 % dans les boutiques et 7 % dans le stationnement.

Mais l'arrivée du projet Royalmount et de ses deux salles de spectacles risque de bousculer les quartiers culturels actuels. « Si 1 $ est investi au Royalmount, c'est 2 $ qui risquent d'être perdus dans les pôles culturels qu'on a développés. Il y a une inquiétude sur la concentration au détriment du reste du territoire », a indiqué Robert Beaudry, élu responsable du développement économique de l'administration Plante.

Le Partenariat du Quartier des spectacles a réitéré pour sa part ses craintes sur l'impact des salles de spectacles, qui offriront 4500 places. Selon le nombre de soirs d'occupation de celles-ci, c'est de 800 000 à 1,5 million de places qui seront offertes alors qu'il se vend 3,5 millions de billets par an à Montréal, calcule le président du Partenariat, Jacques Primeau. « C'est une bombe. [...] C'est sûr qu'il y aura une cannibalisation des ventes de billets. Et pas juste à Montréal, mais à Laval et sur la Rive-Nord. L'impact va être sur l'ensemble de la diffusion culturelle », a-t-il anticipé.

L'étude sur les retombées des salles de spectacles comporte toutefois d'importantes limites. Elle a seulement évalué la période de septembre à décembre 2017, soit durant la rentrée culturelle. Elle ne tient pas compte ainsi de la saison hivernale, plus creuse, et des retombées engendrées par les festivals durant l'été. Un total de 21 salles du Quartier des spectacles et deux à l'extérieur, soit le Cinéma Beaubien et le Théâtre Corona, ont participé à l'étude.

L'administration Plante s'est néanmoins félicitée des résultats cette étude, y voyant une confirmation de l'intérêt de miser sur les spectacles pour contribuer au développement économique. La Ville de Montréal a également décidé en décembre dernier de prolonger de 5 ans sa participation au Partenariat du Quartier des spectacles, qui anime ce secteur du centre-ville.