(Québec) Le Réseau express métropolitain (REM) sera livré dans les délais, a assuré le gouvernement Legault, mardi, malgré les désaccords importants qui subsistent entre la Caisse de dépôt et placement et le consortium qu’elle a embauché pour bâtir la nouvelle infrastructure.

Martin Croteau
Martin Croteau La Presse

« La première antenne sera livrée en 2021 », a indiqué le ministre des Transports, François Bonnardel, à son arrivée à l’Assemblée nationale.

Selon un rapport de NouvLR, le consortium chapeauté par SNC-Lavalin, des délais importants sont à prévoir avant la livraison du train électrique. Le document révèle que la réfection du tunnel du mont Royal se bute à des problèmes de sécurité, et que des complications risquent de retarder la construction de l’antenne Rive-Sud du projet.

Dans un communiqué émis mardi, la Caisse a fait valoir que ces constats reflètent « le point de vue du consortium dans ce qui sont des discussions typiques sur le projet et son budget ».

« Après 18 mois de construction sur les 60 que durera le projet, le chantier respecte ou est en avance sur l’échéancier prévu », a assuré la société d’État.

M. Bonnardel a dit ne pas douter de la capacité de la Caisse à terminer le projet dans les délais.

« J’ai entièrement confiance à la Caisse de dépôt pour livrer le projet, a-t-il dit. Ce qui m’interpelle, c’est de m’assurer que les mesures de mitigation vont fonctionner. »

La ministre responsable de la Métropole, Chantal Rouleau, a abondé dans le même sens. Elle dit avoir obtenu l’assurance de la Caisse que le REM sera livré dans les délais et les coûts prévus.

« Il y a des discussions avec le consortium, a-t-elle dit. Je laisse ça à la Caisse de dépôt qui est en entier contrôle de la situation. »

L’opposition à l’Assemblée nationale s’est dite préoccupée par les révélations de La Presse. Selon Québec solidaire, c’est la formule du partenariat public-privé, choisie par le précédent gouvernement libéral, qui est en cause.

« C’est un énième exemple de projet en PPP qui nous a été vendu comme exceptionnellement efficace et rapide alors qu’on le voit, ce n’est pas vrai, a dit le député Gabriel Nadeau-Dubois. C’est démontré encore ce matin, que le PPP est une formule qui permet à tout coup de construire des infrastructures plus rapidement et plus efficacement. C’est juste invalidé par les faits. »

Le Parti québécois, lui, s’est toujours opposé au REM, proposant à la place une série d’autres mesures de transport collectif pour désengorger le réseau routier de la métropole.

« C’est une mauvaise organisation gouvernementale, a dénoncé le chef péquiste, Pascal Bérubé. L’organisation de l’échéancier, des travaux, a été mal faite. On a posé des questions en chambre et on nous a dit que tout était correct. »

Le chef du Parti libéral, Pierre Arcand, a dit souhaiter que le bras de fer entre la Caisse de dépôt et le consortium soit résolu au plus vite.

« Il y a eu des craintes sur plusieurs échéanciers : même le pont Champlain, ça a été retardé de quelques mois, a-t-il rappelé. C’est toujours possible dans ce genre de projet là. Mais le plus vite sera le mieux parce que les gens attendent le REM avec impatience. »