Lieu de spectacles, emblème d’Expo 67, la place des Nations a été laissée à l’abandon depuis de nombreuses années. La Ville de Montréal vient d’accorder un financement pour permettre une étude en vue de sa réhabilitation. Si des projets ont déjà été annoncés dans le passé sans qu’ils soient concrétisés, cette fois-ci devrait être la bonne, croit la Société du parc Jean-Drapeau.

Janie Gosselin Janie Gosselin
La Presse

« On prend notre temps pour l’imbriquer dans un plan directeur », a noté Gabrielle Meloche, chef des communications pour la Société du parc Jean-Drapeau. Le projet devrait être le premier du plan de conservation, d’aménagement et de développement du parc Jean-Drapeau 2020-2030. En l’inscrivant dans un plan à plus long terme, il sera moins tributaire des changements politiques, estime Mme Meloche.

En 2013, il avait été annoncé que la place des Nations renaîtrait pour le 375e anniversaire de Montréal, en 2017. Le projet avait été abandonné. Cette fois, la Société compte mieux « attacher » les éléments, a dit Mme Meloche.

Pour ce faire, la place des Nations a reçu cette semaine la confirmation d’une contribution financière de 275 000 $ de la Ville de Montréal. La somme doit servir à réaliser des études, notamment sur l’état du site, des infrastructures et des sols. Une étude patrimoniale et un programme fonctionnel et technique sont aussi prévus.

On ignore combien pourrait coûter la réhabilitation du site.

Une vocation « forte »

« La place des Nations est un lieu hautement symbolique qui n’est que l’ombre de lui-même. C’est important pour notre administration de la faire revivre », a dit au téléphone l’élue responsable du Patrimoine au comité exécutif de la Ville de Montréal, Émilie Thuillier.

Il est encore trop tôt pour connaître la vocation future de la place des Nations. « Il va falloir une vocation forte », estime Mme Thuillier.

Des consultations publiques tenues récemment ont permis de faire un portrait des attentes et de ce que pourrait devenir ce lieu situé dans le sud de l’île Sainte-Hélène. « C’est près des berges, donc les gens veulent avoir cet accès à l’eau », explique Gabrielle Meloche. L’endroit devrait aussi être inspiré de l’original et devenir un lieu de rassemblement.

L’échéancier est encore difficile à estimer. Il s’agirait d’une première étape, après l’aménagement de l’amphithéâtre inauguré récemment, pour réhabiliter le secteur de la pointe sud de l’île Sainte-Hélène, dans un horizon s’étendant jusqu’en 2030. Le projet compte faire du secteur un « site culturel, commémoratif et de mémoire du patrimoine collectif ».