Le président du comité exécutif de Montréal, Benoît Dorais, a sorti l’artillerie lourde, hier, pour répliquer au rapport accablant de la vérificatrice générale, Michèle Galipeau. Flanqué du directeur général de la Ville et de quatre directeurs généraux adjoints, il a annoncé un « virage majeur » pour s’assurer que les recommandations de la vérificatrice générale seront dorénavant suivies.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

« C’est un statement, en fait. C’est pour vous montrer que l’administration, tant le politique que les fonctionnaires, sont de concert pour prendre au sérieux ce rapport-là et faire en sorte que les recommandations soient suivies », a déclaré M. Dorais, pour qui il s’agissait d’un premier rapport de vérification d’une année complète de l’administration de Projet Montréal.

Le « virage majeur » annoncé consiste à avoir embauché un fonctionnaire relevant du contrôleur général, qui fera « un suivi périodique et rigoureux auprès de chacune des unités d’affaires de la Ville de Montréal », tant auprès des services centraux que des 19 arrondissements. À son tour, le contrôleur général fera état de la mise en œuvre des mesures de correction auprès du directeur général ainsi qu’au comité de vérification, a indiqué M. Dorais.

« Ce n’est pas satisfaisant »

Selon la vérificatrice générale, la Ville tarde à implanter ses recommandations qui « ont pour objectif d’aider l’administration de s’acquitter pleinement de ses responsabilités », a rappelé Mme Galipeau, soulignant que « ce n’est pas satisfaisant ». « Je remarque une fois de plus cette année que la situation visant à mettre en œuvre les recommandations a continué à se détériorer. En effet, 32 % des recommandations formulées en 2017 ont été mises en œuvre au cours de la première année de suivi alors que, selon les plans fournis par les unités d’affaires, 68 % des recommandations auraient dû être réglées », a-t-elle affirmé.

Depuis trois ans, le taux de réalisation des recommandations formulées par la vérificatrice générale est en baisse notable, passant de 50 % à 41 % puis à 32 % en 2018.

De plus, 9 % des dossiers de 2016 et 2017 jugés réglés par l’administration ne le sont toujours pas, selon l’équipe de Mme Galipeau.

Si cette dernière a salué l’embauche d’un fonctionnaire dédié au suivi des recommandations, elle a également réitéré « la pertinence pour l’administration de prévoir des mécanismes de reddition de comptes favorisant la mise en œuvre des recommandations ». Quant à M. Dorais, il a éludé la question sur le taux acceptable de réalisation auquel il aspire d’ici un an.