Les Montréalais ont dix ans devant eux pour transformer le système de chauffage de leur résidence et éliminer complètement le mazout. La cible de 2030 pour atteindre « la carboneutralité » vaut également pour tous les commerces, les institutions et les industries.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

« Le mazout est polluant, trop polluant. Il faut désormais l’interdire », a indiqué lundi matin la mairesse Valérie Plante en conférence de presse.

En décembre dernier, l’administration Plante avait fait état de son intention d’emprunter cette voie pour combattre les émissions de gaz à effet de serre (GES), donnant suite à une proposition de l’opposition officielle de septembre 2018. Entretemps, la commission sur l’environnement a étudié la question, prenant en compte que le mazout représente 28 % des GES du secteur résidentiel et 14 % du secteur commercial et institutionnel dans l’île.

« Un effort collectif est absolument nécessaire. Nous allons inciter tous les Montréalais à faire la transition vers un autre mode de chauffage que le mazout », a indiqué Mme Plante qui reconnaît qu’il s’agit d’un « travail de longue haleine ».

Cette dernière, qui promet un accompagnement pour la population touchée, se tourne vers le gouvernement du Québec afin d’obtenir une bonification du programme « Chauffez vert » et aussi sa prolongation. Ce programme, mis en place en 2013 et devant prendre fin en 2021, soutient financièrement les propriétaires de tout le Québec désireux de remplacer un système de chauffage plus efficace et moins polluant.

La Ville de Montréal entend montrer l’exemple en transformant les 18 bâtiments lui appartenant qui ont encore un système au mazout. Des investissements de 4 millions sont prévus d’ici 2021. Puis, le retrait obligatoire du mazout se fera à partir de 2025 dans les industries, puis dans les institutions et les commerces. La transformation dans le secteur résidentiel sera la dernière étape. Montréal misera d’abord et avant sur le retrait volontaire des systèmes de chauffage au mazout jusqu’à la date butoir de 2030.

D’ici là, Montréal va cartographier tout le territoire et recenser tous les systèmes au mazout dans chacun des bâtiments. Ce travail se fera en collaboration avec le C40, la Fondation familiale Trottier et la Fondation David Suzuki. Une réglementation sera également adoptée afin d’interdire le chauffage au mazout dans les nouvelles constructions ainsi que les bâtiments faisant l’objet de rénovations.

« Il y a dix ans qu’on aurait dû faire ça, mais on le fait aujourd’hui. Et on va le plus vite possible », a affirmé la mairesse de Montréal pour qui la meilleure option de remplacement est l’hydroélectricité.