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Réseau routier de Montréal: moins de soins palliatifs, plus de correctifs

Le budget 2019 marque un virage dans la stratégie pour remettre en état le réseau routier de la métropole. Montréal fera moins de travaux palliatifs et consacrera plutôt son énergie au réaménagement en profondeur des rues problématiques.

1,2 MILLIARD DE TRAVAUX

En mauvais état, le réseau routier de Montréal devra faire l'objet d'investissements massifs pour longtemps encore. Le budget 2019 prévoit ainsi 1,2 milliard en travaux destinés à la réfection des chaussées au cours des trois prochaines années, soit la même somme que par le passé. L'administration Plante change toutefois la recette de la douzaine de programmes grâce auxquels la métropole réalise ses travaux. Une compilation de La Presse permet de constater que Montréal investira moins dans les travaux palliatifs, c'est-à-dire ceux servant à prolonger temporairement la durée de vie d'une rue. La facture de ce type de travaux passera de 580 à 325 millions d'ici 2021.

PLUS, MAIS MOINS

L'administration Plante a en effet décidé de mettre la pédale douce sur les deux principaux programmes utilisés sous Denis Coderre pour la réfection du réseau routier. Ceux-ci misaient sur la technique du planage-revêtement, c'est-à-dire des travaux consistant à enlever la couche supérieure de la chaussée, sur 40 à 60 mm, pour ensuite mettre une nouvelle couche d'asphalte. L'apparition des nids-de-poule est ainsi enrayée, mais comme la fondation des rues reste la même, l'effet ne dure que de 7 à 12 ans. « C'est vraiment du palliatif, pour allonger la durée de vie des chaussées », résume Sylvain Ouellet, élu responsable des infrastructures. Principal avantage, cette technique permet d'améliorer à court terme davantage de chaussées. L'ancienne stratégie prévoyait ainsi la réfection de 1350 km de rues sur trois ans. Avec la nouvelle recette, ces travaux toucheront 760 km.

ASSOUPLISSEMENTS

Projet Montréal a longtemps critiqué les programmes de planage-revêtement du temps que la formation siégeait dans l'opposition. « Idéalement, on veut en faire le moins possible, mais des fois, on n'a pas le choix », dit Sylvain Ouellet. En effet, si Montréal prévoit réaliser trop de chantiers dans un même secteur, il peut être jugé préférable de prolonger la durée de vie d'une chaussée de quelques années, en attendant d'avoir le champ libre pour des travaux en profondeur. Reste que l'administration Plante a décidé d'assouplir ces programmes pour permettre aux arrondissements de corriger des défauts dans les rues, comme des trottoirs mal en point, ce qui était limité auparavant.

FINIE LA RECONSTRUCTION À L'IDENTIQUE

En délaissant les travaux palliatifs, l'administration Plante s'est dégagé une marge de manoeuvre pour créer un nouveau programme. On entend ainsi favoriser les réaménagements complets de rues jugées problématiques. « On ne veut plus reconstruire à l'identique parce qu'il y a des rues où beaucoup de cyclistes et de piétons se font tuer. On veut revoir le partage de la rue pour avoir de vraies pistes cyclables, pas juste des lignes peintes au sol. On a aussi eu une canicule meurtrière cet été, alors il faut aussi verdir les rues pour adapter la ville aux changements climatiques », poursuit Sylvain Ouellet. Le « programme pour l'aménagement des rues » sera ainsi doté d'une enveloppe de 437,5 millions sur trois ans, ce qui en fait le principal programme de réfection routière. Environ 103 kilomètres de rues devraient être complètement métamorphosés par celui-ci, à l'instar de la rue Sainte-Catherine. « Même si la rue aura la même largeur, elle sera méconnaissable », dit M. Ouellet.

CONTINUITÉ DANS LE CHANGEMENT

L'administration Plante n'a pas fait table rase sur tous les programmes existants. Elle en a maintenu certains, comme le programme de « maintien des infrastructures routières ». Cette enveloppe de 30 millions permet de mener des opérations ciblées sur le réseau, par exemple sceller des fissures dans la chaussée pour éviter l'apparition de nids-de-poule ou aménager devant les arrêts d'autobus des dalles en béton, plus résistantes au passage des poids lourds. De même, l'administration a maintenu le programme de réfection des ponts, tunnels et passerelles. Montréal a en effet la responsabilité de 582 infrastructures, dont la majorité a été construite dans les années 70 et arrive en fin de vie utile.

VISION ZÉRO AUTOUR DES ÉCOLES

L'administration Plante a profité de cette réorganisation des programmes au moyen desquels la Ville reconstruit ses rues pour accentuer le virage « vision zéro », visant à éliminer les morts de piétons et de cyclistes. Montréal mettra 25 millions à la disposition des arrondissements pour sécuriser les déplacements autour des écoles. Normalement, la Ville profite de la réfection des rues autour des écoles pour en améliorer la sécurité, mais certains établissements sont entourés de rues en bon état. « On trouvait inacceptable d'avoir à dire aux citoyens qu'ils devront attendre 40 ans que leur rue soit à refaire pour la sécuriser », explique Sylvain Ouellet. On veut ainsi encourager parents et enfants à se rendre à pied ou à vélo à leur école de quartier.

PLUS DE « VÉLO-RUES »

La métropole compte aussi investir 9 millions pour aménager davantage de « vélo-rues », soit des artères où les cyclistes ont la priorité sur les voitures. L'administration Plante y voit une façon efficace d'atteindre son objectif de faire en sorte que 15 % des déplacements soient réalisés à vélo d'ici 10 ans. Bien qu'en forte progression, le vélo ne représentait que 2,5 % des déplacements en 2013, selon les plus récentes données disponibles.




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