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Eau potable: «plan B» recherché en cas de déversement d'hydrocarbures

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Utiliser des bateaux-citernes d'eau ? Demander aux citoyens de garder une réserve d'eau embouteillée pour 72 heures ? Permettre la distribution d'eau légèrement contaminée ? Malgré l'abandon du projet d'oléoduc Énergie Est, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) juge urgent de trouver un plan B pour l'alimentation en eau potable en cas de déversement d'hydrocarbures.

Le regroupement de 82 municipalités du Grand Montréal a rendu public hier un rapport sur les mesures à prendre pour faire face à un éventuel déversement de produits pétroliers dans les cours d'eau de la région. Ce groupe de travail avait été mis en place dans la foulée du projet d'oléoduc Énergie Est. Malgré son abandon, ses membres estiment que le risque posé par les quatre oléoducs existants, dont l'un date de 1941, ne doit pas être sous-estimé.

« Diverses mesures doivent être évaluées et mises en place dès maintenant afin de diminuer les risques de contamination des sources d'eau potable et d'éviter d'avoir à négocier un approvisionnement secondaire en plein coeur d'une situation d'urgence. »

- Extrait du rapport de la Communauté métropolitaine de Montréal

Parmi les 33 recommandations formulées, le groupe de travail propose d'étudier la faisabilité des méthodes de remplacement pour approvisionner les installations de traitement des eaux. Il évoque l'utilisation de bateaux-citernes.

Un déversement risquant de perturber l'alimentation en eau durant plusieurs jours, ils suggèrent d'inciter les citoyens à se doter d'une réserve d'eau embouteillée pour 72 heures. Lors des inspections des détecteurs de fumée, les pompiers pourraient être mandatés pour s'assurer que les citoyens ont un minimum d'eau pour tenir en cas d'interruption.

Le groupe de travail invite également les villes à améliorer la distribution d'eau potable en vrac. Le rapport souligne que la fuite d'hydrocarbures dans le réseau de Longueuil en janvier 2015 « a mis en évidence le défi de distribuer de l'eau embouteillée pour une population de cette envergure ».

Le groupe invite aussi l'Office national de l'énergie à renforcer les contrôles et les inspections d'oléoducs, ainsi qu'à resserrer l'application des sanctions aux contrevenants. Les sociétés pétrolières exploitant des oléoducs devraient quant à elles implanter un réseau de détection en continu des fuites dans le fleuve Saint-Laurent et les rivières des Outaouais et Richelieu.

De l'eau légèrement contaminée ?

Le groupe de travail soulève aussi la possibilité de permettre temporairement la distribution d'eau légèrement contaminée. Le rapport souligne que la norme québécoise est parmi les plus sévères au monde, à 0,5 microgramme par litre. Au Canada, la concentration acceptable est de 5 microgrammes par litre, tandis que l'Organisation mondiale de la santé a fixé la limite à 10 microgrammes par litre. « Ainsi, les membres du groupe proposent que soit étudiée la possibilité de distribuer, en cas d'urgence et en l'absence d'une source d'approvisionnement non contaminée, une eau qui dépasserait légèrement les seuils québécois tout en tenant compte des avis et considérations qui y seraient associés. »

Pour l'heure, les réserves d'eau des municipalités sont estimées à une durée de 6 à 24 heures. Construire des réservoirs pour augmenter cette autonomie présente de sérieuses limites. Un réservoir coûte environ 1 million de dollars par 1000 mètres cubes. Et comme une telle installation de 20 000 mètres cubes pourrait alimenter une municipalité de taille moyenne pendant quelques heures à peine, la facture pour les 82 villes de la CMM serait très salée.

« Inacceptable », dit Greenpeace

Le groupe écologiste Greenpeace ne s'est pas montré impressionné par le rapport de la CMM. « Trois ans après avoir signalé cet enjeu majeur, on n'a toujours pas de plan B. Pour nous, c'est clairement inacceptable, la lenteur avec laquelle la CMM traite ce sujet », a déploré Patrick Bonin, porte-parole de l'organisation.

Alors que d'importants investissements seront nécessaires pour faire face à un tel risque, Greenpeace plaide aussi pour que les entreprises exploitant les oléoducs paient la facture. « Je ne comprends pas pourquoi on ne force pas les pétrolières à payer pour toutes ces mesures, pour les risques qu'elles génèrent par leurs activités. C'est un non-sens que la société ait à soutenir cela », dit Patrick Bonin.

Oléoducs traversant la région de Montréal

Année de mise en service, capacité (barils par jour)

Pipeline Saint-Laurent : 2012, 100 000

Pipeline Montréal : 1941, 240 000*

Pipeline TransNord : 1952, 178 000

Enbridge Ligne 9B : 1976, 300 000

*Celui-ci n'était plus utilisé qu'à 22 % en 2015.




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