Des élus municipaux montréalais réclament le retrait de la citoyenneté canadienne qui avait été accordée il y a une dizaine d'années à la leader de la Birmanie, Aung San Suu Kyi.

Publié le 30 août 2018
Pierre-André Normandin LA PRESSE

Le Canada accordait à la femme la citoyenneté d'honneur en octobre 2007 pour souligner ses efforts pour la paix. Celle-ci avait d'ailleurs reçu le prix Nobel de la paix en 1991.

Mais depuis, la Birmanie s'est enfoncée dans un sanglant conflit que les Nations unies considèrent désormais comme un génocide à l'endroit des Rohingya, une minorité musulmane.

Les élus de l'arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce entendent ainsi joindre leur voix à la campagne canadienne pour lui retirer sa citoyenneté d'honneur. Dans une motion, ceux-ci réclament que «le Canada dépouille Aung San Suu Kyi de son titre de citoyenne honoraire canadienne».

«C'est un cas de génocide. Des milliers de Rohingya ont été ciblés et tués. Aung San Suu Kyi est demeurée silencieuse. Elle ne mérite plus d'être reconnue comme canadienne. Elle a perdu cet honneur», estime le conseiller de Snowdon, Marvin Rotrand, qui présente la motion.

Les élus vont toutefois plus loin. Ils réclament l'imposition de «sanctions rigoureuses» contre la Birmanie, dont un gel des actifs de militaires, un embargo sur les armes et une interdiction de faire du commerce.

Ils demandent à ce que la Cour pénale internationale enquête sur les crimes contre l'humanité rapportés par les Nations unies. Ils demandent enfin à ce que le Comité Nobel dépouille Aung San Suu Kyi de son prix.

La motion du conseiller Rotrand a reçu l'appui des deux principaux partis à l'hôtel de ville, soit Projet Montréal et Ensemble Montréal. Le chef de l'opposition, Lionel Perez, et le conseiller Christian Arseneault, siégeant dans le parti de Valérie Plante, ont secondé sa motion.

Bien que le conseil municipal n'ait aucune compétence en matière internationale, il n'est pas rare que les élus montréalais se prononcent sur de tels enjeux. Marvin Rotrand souligne que plusieurs villes dans le monde participent à la campagne pour mettre fin au génocide en Birmanie.