La multiplication des chantiers et les nombreux événements organisés durant le 375e anniversaire de Montréal ont nui aux parcomètres de Montréal en 2017. Pour la deuxième année de suite, les revenus générés par les places tarifées sur rue ont été en baisse, révèle le plus récent rapport annuel de Stationnement de Montréal.

Pierre-André Normandin LA PRESSE

Les 18 500 parcomètres installés dans les rues de Montréal ont rapporté 60 959 544 $ en 2017. C'est près de 600 000 $ de moins que l'année précédente et près de 2 millions de moins qu'en 2014 et en 2015.

En fait, les revenus de parcomètres en 2017 ont été nettement inférieurs aux projections de Stationnement de Montréal. L'organisation s'attendait à ce qu'ils lui rapportent près de 7 millions de plus, soit 66,8 millions.

Stationnement de Montréal indique que, tout comme en 2016, l'augmentation du nombre de chantiers a contribué à faire reculer les revenus des parcomètres. « C'est toujours la même tendance et j'ai l'impression que ce sera ainsi pour encore un bout », dit Charles Auger, directeur général de Stationnement de Montréal. 

« On nous a donné 2024 comme date pour la fin des grands chantiers, alors j'ai l'impression que ça va être encore difficile pour les automobilistes. » - Charles Auger, directeur général de Stationnement de Montréal  

Des chantiers comme celui de la rue Sainte-Catherine Ouest risquent ainsi de freiner l'utilisation des parcomètres.

Les festivités du 375e anniversaire de Montréal ainsi que plusieurs événements organisés en parallèle, comme la Formule E, ont aussi eu un effet sur les parcomètres en 2017. Ils ont entraîné de nombreuses fermetures de rues et interdictions de stationnement, ce qui a fait diminuer les recettes des parcomètres.

REVENUS DES PARCOMÈTRES

2011 : 54,8 millions

2012 : 56,1 millions

2013 : 61,5 millions

2014 : 62,9 millions

2015 : 62,9 millions

2016 : 61,6 millions

2017 : 61,0 millions

Ces revenus ont été en grande partie compensés par une hausse des revenus tirés des 34 autoparcs, soit des espaces hors rue gérés par Stationnement de Montréal. Ces 3300 cases ont rapporté 6,7 millions, soit un demi-million de plus que l'année précédente. Certains stationnements sont très sollicités, notamment celui de la rue Notre-Dame, près du palais de justice, qui affiche un taux d'occupation de 90 % le jour.

REVENUS DES AUTOPARCS

2011 : 4,4 millions

2012 : 4,2 millions

2013 : 4,5 millions

2014 : 4,7 millions

2015 : 5,4 millions

2016 : 6,2 millions

2017 : 6,7 millions

DÉPENSES STABLES

Les frais d'exploitation de Stationnement de Montréal sont restés relativement stables. L'organisation rapporte des dépenses de 21,1 millions, soit environ 100 000 $ de plus que l'année précédente.

La baisse des revenus des parcomètres, la hausse de ceux tirés des autoparcs et la stabilité des dépenses ont permis à Stationnement de Montréal de remettre 53,3 millions dans les coffres de la métropole. Cette contribution est légèrement inférieure à celle versée l'année précédente, qui s'était élevée à 54,4 millions.

« Globalement, ce n'est pas si pire. C'est même très bien compte tenu des circonstances. On voit que les gens continuent de vouloir venir à Montréal », dit Charles Auger.

Par ailleurs, les automobilistes continuent à adopter massivement l'application de paiement mobile de Stationnement de Montréal. La moitié (50,5 %) des transactions a été réalisée avec P$ Service Mobile. Le reste des transactions a été fait par carte de crédit (25,7 %) ou en espèces (23,9 %).