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Contrôle des armes à feu aux É.-U.: manifestation samedi à Montréal

Autour de 11h, les manifestants antiarmes ont marché... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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Autour de 11h, les manifestants antiarmes ont marché sur la rue Sainte-Catherine pour atteindre le consulat américain.

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Comme ailleurs dans le monde, des dizaines de marcheurs ont manifesté pour un meilleur contrôle des armes à feu dans les rues de Montréal samedi. Plusieurs dizaines de parents, d'adolescents et d'étudiants notamment s'étaient donné rendez-vous au square Cabot en soutien « à leurs voisins américains » qui convergent vers Washington.

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Au moins 800 marches similaires se tiennent aujourd'hui ailleurs sur la planète dans la foulée du mouvement #MarchForOurLives.

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Une femme fait un discours devant les manifestants... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE) - image 1.1

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Une femme fait un discours devant les manifestants antiarmes qui se sont regroupés samedi à Montréal.

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«Nous allons démontrer aux élus américains que le monde entier appuie un resserrement des lois», a scandé l'une des organisatrices de la mobilisation montréalaise, Sophie Rose Saidmehr devant le rassemblement. Au moins 800 marches similaires se tiennent aujourd'hui ailleurs sur la planète dans la foulée du mouvement #MarchForOurLives.

Cette mobilisation monstre émerge d'un groupe d'étudiants de l'école secondaire Marjory Stoneman Douglas, devenus spontanément militants, après la fusillade meurtrière du 14 février dernier, qui a fait 17 morts à Parkland en Floride.

«Nous ne devrions pas nous estimer chanceux de revenir de l'école en vie », a martelé son camarade Cyril Yared, étudiant de McGill, diplômé de l'école secondaire Marjory Stoneman Douglas. «Ces jeunes sont devenus la preuve que le système n'a pas changé, que le système est brisé», a-t-il lancé. « Ça peut être l'enfant de n'importe qui. C'est assez!»

Autour de 11 h, les manifestants antiarmes ont marché sur la rue Sainte-Catherine pour atteindre le consulat américain. À deux pas de là, une autre manifestation pour la même cause se tenait aussi, cette fois organisée par les élèves de l'école primaire Roslyn à Westmount. Les jeunes manifestants, accompagnés de leurs parents, ont marché jusque devant le collège Dawson.

Lexington Vickery, 11 ans, a été inspirée par la mobilisation étudiante aux États-Unis. «J'ai écouté les nouvelles et je me suis dit que moins aussi je pouvais faire quelque chose. Il n'y a pas d'âge pour agir», a indiqué avec fougue l'enfant de sixième année, pancarte à la main.

Les étudiants de l'Université McGill Cyril Yared et... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE) - image 2.0

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Les étudiants de l'Université McGill Cyril Yared et Sophie Said Mehr ont quitté les États-Unis pour faire leurs études dans la métropole.

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«Cette fois-ci est différente»

La Presse a réalisé un entretien avec deux Américains, étudiants de l'Université McGill, qui ont participé à l'organisation de l'évènement dans la métropole.  

« Cette fois-ci est différente. » Sophie Rose Saidmehr et Cyril Yared, du haut de leurs 19 ans, marcheront aujourd'hui dans les rues de Montréal, en soutien à leurs camarades américains qui convergeront vers Washington. C'est leur génération qui trouvera l'issue du débat controversé. Ils n'en démordent pas.

Les deux étudiants de l'Université McGill ont quitté les États-Unis pour faire leurs études dans la métropole. Cyril Yared est diplômé de Marjory Stoneman Douglas. Ses deux petites soeurs y sont encore. « Nous sommes prêts comme jamais à un changement », lance Cyril. Lui et Sophie Rose s'animent lorsque vient le temps de parler du débat sur les armes à feu.

« Il faut voir au-delà du deuxième amendement [qui garantit le droit au port d'armes], on parle ici de vies humaines, de vies d'enfants », explique avec aplomb Sophie Rose.

« Nous devons aussi nous rappeler que notre Constitution a été écrite il y a plus de 200 ans. Ça ne peut plus être noir ou blanc, ça doit changer, évoluer avec le temps. »

- Sophie Rose Saidmehr

Leur génération, appelée les Z, maintiendra « la pression » pour provoquer ce changement, disent-ils. « On ne lâchera pas », promet Cyril. Depuis la tuerie à Marjory Stoneman Douglas le 14 février, un groupe d'élèves devenus spontanément militants est à la base d'une impressionnante mobilisation qui dépasse les frontières des réseaux sociaux.

À L'ÈRE DU WEB SOCIAL

« Les élèves de Douglas sont des jeunes extrêmement bien éduqués et conscients des différentes problématiques sociales, avance Sophie Rose. C'est la première fois qu'une génération entière se place derrière le contrôle des armes à feu. » Les Z, nés après 1995, ont été élevés à l'ère du web social, s'exposant à un flux continuel et sans limites d'information.

« Nous sommes informés de ce qui se passe dans le monde en temps réel, que ce soit sur notre fil Twitter ou à CNN. Nous pouvons débattre, donner notre opinion, partager nos idées. L'information est devant nos yeux, tout le temps, alors comment pourrions-nous ne pas être conscients des enjeux sociaux ? », dit l'étudiante en musique.

Et ils déboulonnent au passage le mythe de la génération centrée sur elle-même, avide d'égoportraits, scotchée devant son écran. « C'était peut-être comme ça au début des médias sociaux, mais ce n'est plus le cas. Nous sentons maintenant cette responsabilité qui découle de ces puissants outils. C'est dorénavant à propos du partage avec les autres », dit-elle.

« Nous savons qu'il est important d'utiliser nos voix de la bonne façon pour façonner un monde comme nous voulons qu'il soit pour les prochaines générations. C'est nous les prochains qui seront en position de pouvoir », précise Sophie Rose, originaire de New York. Et son camarade floridien abonde dans le même sens.

GÉNÉRATION COLUMBINE

La génération de jeunes Américains derrière le mouvement #neveragain est aussi celle qui a été élevée dans le sillage de la tuerie de Columbine, qui a fait 15 morts incluant les deux tireurs, en 1999. Ces étudiants ont évolué dans des écoles où côtoyer des gardes armés était la norme. Pourtant, ils rejettent aujourd'hui « la militarisation » des écoles.

C'est davantage la tragédie à l'école primaire Sandy Hook, en 2012, qui leur a ouvert les yeux, estiment Sophie Rose et Cyril.

« J'avais 13 ans, ç'a été très émotif pour moi et c'est là que j'ai commencé à comprendre ce que ça pouvait vouloir dire. Déjà à cette époque, j'ai senti qu'il fallait faire quelque chose pour que ça change. »

- Cyril Yared

Cyril Yared étudiait à la librairie de McGill lorsqu'il a reçu le message texte d'un ami lui indiquant que l'école Marjory Stoneman Douglas était la cible d'une tuerie. Son corps s'est raidi. « J'étais sous un choc complet. C'est le dernier endroit où je pensais que ça arriverait », raconte-t-il. Il a vite pu joindre l'une de ses soeurs, qui a pu évacuer les lieux rapidement.

La plus petite de la famille est restée cachée dans un placard avec sa classe pendant une bonne heure. À ce moment, Cyril n'avait aucune idée de son état. « J'étais extrêmement apeuré. Je connais des victimes, d'autres qui ont été blessés. De savoir que certains ne sont plus de ce monde et que d'autres seront traumatisés à vie, c'est horrible. »

Le jeune homme sera dans les rues de Montréal aujourd'hui notamment pour eux, mais aussi pour donner de la force à sa génération qui se lève. Sophie Rose sera là aussi. « Sandy Hook aurait dû provoquer un réveil collectif, déplore-t-elle. Si ce n'est pas maintenant, alors ce sera quand ? » Sa génération pourrait bien trouver la réponse.




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