Source ID:; App Source:

Des Montréalais démunis évincés de leur logement insalubre en plein hiver

La Ville a envoyé son avis d'éviction au... (Photo PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE)

Agrandir

La Ville a envoyé son avis d'éviction au début de février à une quinzaine de locataires parce que le propriétaire des immeubles de deux étages n'avait pas réglé des problèmes d'entretien, de salubrité et de sécurité incendie - des rénovations qui étaient exigées depuis 2010.

Photo PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Morgan Lowrie
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Les résidants de deux immeubles en piteux état du quartier Pointe-Saint-Charles, à Montréal, ont été évincés de leur logement par la Ville, jeudi, au coeur de l'hiver, et certains se demandaient encore où ils allaient passer la nuit.

Plafonds qui coulent, rats qui gambadent, squatteurs qui séjournent parfois dans les escaliers: ces locataires, la plupart à faible revenu, n'occupaient certes pas un palace, dans ces immeubles des rues Centre et Châteauguay. Mais la rapidité avec laquelle ils ont dû vider leur logement et se trouver un nouveau domicile les a pour le moins bousculés.

Glenn Fox, âgé de 58 ans, racontait jeudi, en sortant ses effets, que les locataires avaient reçu l'avis d'éviction de la Ville il y a 20 jours seulement. Vingt jours pour se trouver un nouveau logement, en plein mois de février, rappelle-t-il.

La Ville a envoyé son avis d'éviction au début de février à une quinzaine de locataires parce que le propriétaire des immeubles de deux étages n'avait pas réglé des problèmes d'entretien, de salubrité et de sécurité incendie - des rénovations qui étaient exigées depuis 2010.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a expliqué jeudi qu'elle n'avait pas eu d'autre choix. «Moi, comme mairesse, je ne peux pas laisser des gens dans un logement si on me dit qu'il n'est pas sécuritaire, a-t-elle soutenu. Je ne peux pas avoir un accident sur la conscience.

«Ceci étant dit, on le sait, présentement il y a la Croix-Rouge, le programme de relocalisation de la Société d'habitation de Montréal, donc ces personnes-là vont être relogées. Est-ce que c'est souhaitable que l'avis soit si court? Non. Mais une chose est certaine: la sécurité de la population, c'est une priorité, et il fallait agir.»

L'avocat Stéphane Proulx, des Services juridiques communautaires de Pointe-Saint-Charles et Petite-Bourgogne, déplore que «ces personnes aient été prises entre le propriétaire et la Ville - entre l'arbre et l'écorce».

«Les gens n'ont même pas eu trois semaines pour se revirer de bord et essayer de se trouver une place où aller habiter, a-t-il dit en entrevue. Ça fait des années qu'il y a un problème avec cette bâtisse-là - et je suis certain qu'il y en a plusieurs comme ça à Montréal.»

Injonction rejetée

La Cour supérieure avait rejeté mercredi la demande d'injonction du propriétaire, et la requête de Me Proulx qui demandait le versement immédiat d'indemnités pour les locataires évincés; le tribunal a estimé que cette requête devait être présentée à la Régie du logement. Or, Me Proulx rappelle qu'en attendant une décision de la Régie, les locataires lésés seront laissés à eux-mêmes pendant un bon bout de temps.

Glenn Fox, qui vit de l'aide sociale, indique que la Ville paiera pour un hébergement de quelques jours à l'hôtel, et il espère qu'on lui dénichera une place dans une habitation à loyer modique pour la suite des choses. Il rappelle que l'embourgeoisement galopant dans Pointe-Saint-Charles empêchera probablement les locataires évincés de se trouver un nouveau logement abordable dans le même quartier.

Giulia Giorgi, elle, s'estime chanceuse d'avoir déniché un appartement, mais elle trouve quand même que la Ville aurait pu en faire davantage pour aider les locataires évincés. «Plusieurs de mes (anciens) voisins n'ont pas trouvé de logement, et sont dans la rue, dit-elle. Ce n'est pas juste: après tout, nous sommes citoyens canadiens.»

Me Proulx soutient que sur les 16 locataires évincés, six ou sept n'avaient aucune idée, jeudi midi, où il allaient passer la nuit. «C'est assez pathétique: il y en a qui ont des animaux, ils ont payé leur loyer (du mois de février) - et ce sont des gens qui n'ont pas de revenus -, et là, il reste cinq jours avant le 1er mars. Et (ils se demandent) qu'est-ce que je fais avec ma nourriture? Comment je vais manger?»

À la Ville, le porte-parole Jules Chamberland-Lajoie a promis que personne ne finirait à la rue. Cédric Glorioso-Deraîche, chargé de projet à la table de concertation Action-Gardien, déplore qu'il n'y ait pas eu de discussion avec les organismes communautaires pour reloger tous ces gens avant le délai prescrit.




la boite: 1600127:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer