Montréal: le Fonds de l'eau pratiquement à sec

La métropole prévoit investir 1,7 milliard au cours... (Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

Agrandir

La métropole prévoit investir 1,7 milliard au cours des trois prochaines années dans ses aqueducs, égouts et usines d'eau, dont 537 millions en 2018 seulement.

Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse

Le Fonds de l'eau, mis en place voilà 15 ans pour financer la réfection du réseau de distribution d'eau de Montréal, est pratiquement à sec. Alors que la métropole doit continuer à augmenter la cadence pour entretenir son réseau souterrain, l'administration Plante défendra à nouveau sa décision d'augmenter la taxe de l'eau pour éviter d'alourdir sa dette.

« Sans redressement, on aurait touché le fond du baril en 2018. Le Fonds de l'eau était à sec », a indiqué hier en entrevue Sylvain Ouellet, élu responsable des infrastructures dans l'administration Plante.

La Ville de Montréal compte annoncer aujourd'hui qu'elle continue à accentuer la cadence dans la réfection de son réseau de distribution d'eau. La métropole prévoit ainsi investir 1,7 milliard au cours des trois prochaines années dans ses aqueducs, égouts et usines d'eau, dont 537 millions en 2018 seulement.

IMPASSE

L'administration Plante estime être dans l'obligation de continuer à augmenter le rythme des travaux en raison de la désuétude de ses infrastructures. La Ville de Montréal évalue le déficit d'entretien à 3,5 milliards. En clair, pas moins de 11 % du réseau a besoin d'être refait à court terme. 

« Nos investissements actuels ne nous permettent pas de rattraper le retard accumulé », indique un document préparé pour les élus.

Voilà, l'administration Plante dit s'être trouvée dans une impasse pour financer ces importants travaux. La Ville de Montréal a mis en place une stratégie depuis plusieurs années pour payer de plus en plus au comptant ses travaux dans le réseau d'eau et ainsi éviter d'avoir à emprunter lourdement. C'est dans cette veine que la métropole avait mis en place le Fonds de l'eau en 2003.

Montréal a ainsi injecté d'importantes sommes dans cette réserve pendant plusieurs années, si bien que cette cagnotte s'élevait à 244 millions en 2013. L'administration Coderre a toutefois changé d'approche en utilisant ces fonds pour financer les travaux réalisés depuis quatre ans. Si bien que le Fonds de l'eau ne dispose plus que d'une réserve de 52 millions.

«On a pu maintenir artificiellement les taxes basses, mais là, il y a un choc tarifaire.»

Sylvain Ouellet
élu responsable de l’eau

Depuis la présentation de son budget le 10 janvier, l'administration Plante défend la hausse de taxes en expliquant devoir financer les investissements dans son réseau d'eau. Présenté aujourd'hui, le programme triennal des immobilisations précisera ainsi que les 31,5 millions récoltés en 2018 grâce à la hausse de la taxe de l'eau serviront justement à payer comptant les travaux. En trois ans, Montréal évalue ainsi que cette augmentation permettra d'éviter d'emprunter 100 millions.

« Cette réserve sert à éviter de trop emprunter, souligne Sylvain Ouellet. À un moment, il y a une limite à ce qu'on peut emprunter sans avoir une décote. Et le service de l'eau ne peut pas accaparer 100 % de la capacité d'emprunt de la Ville. Il y a d'autres priorités à Montréal. »

MONTRÉAL FERMERA DEUX USINES D'EAU... POUR FAIRE PLACE À LA LIGNE ROSE

La Ville de Montréal fermera deux de ses six usines d'eau à l'issue d'un projet majeur. En plus de permettre d'économiser 130 millions, cette révision de l'alimentation en eau potable de la métropole permettra de libérer un terrain pour le terminus de la future ligne rose. L'élu responsable de l'eau, Sylvain Ouellet, a annoncé hier la fermeture des usines d'eau de Dorval et de Lachine. Leur disparition aura un faible impact sur la capacité de production de Montréal, puisqu'elles fournissent moins de 5 % de l'eau bue par les Montréalais. Pour procéder à leur fermeture, Montréal prévoit un chantier de 10 ans qui coûtera 235 millions. Il prévoit l'aménagement de 23 km de conduites principales pour que les secteurs de Dorval et de Lachine soient alimentés par d'autres usines d'eau de Montréal, soit Atwater, Charles-Desbaillets et Pointe-Claire. Malgré les investissements majeurs nécessaires, Montréal évalue que la décision sera économique. Sur 60 ans, conserver ces deux usines aurait coûté 390 millions. La facture pour les fermer reviendra au total à 264 millions.

Investissements dans le réseau d'eau (en millions de dollars)

2013: 145

2014: 235

2015: 255

2016: 373

2017: 337

2018*: 537

*Prévision budgétaire.

Source: Ville de Montréal




la boite: 1600127:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer