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Queue de cheval: le SPVM s'inquiète d'un financement «nébuleux» du restaurant

Environ 800 000 $ utilisés dans la rénovation du restaurant... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

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Environ 800 000 $ utilisés dans la rénovation du restaurant posaient problème pour la police, car les promoteurs du projet n'ont pas été en mesure d'établir clairement l'origine de l'argent, malgré l'insistance de la police.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

La police de Montréal tente de bloquer la réouverture d'une table montréalaise prisée du jet set qui a déjà figuré au palmarès des restaurants les plus chers au monde du magazine Forbes: les policiers s'inquiètent en effet de la provenance «nébuleuse» des fonds investis dans le relogement du célèbre restaurant La Queue de cheval.

Le restaurant était autrefois sur le boulevard René-Lévesque en face du Centre Bell, où il attirait les joueurs de hockey comme les vedettes de la chanson. Il a ensuite temporairement occupé l'espace sous une boîte de nuit de la rue de la Montagne. Il prévoyait rouvrir dans ses nouvelles installations, au 1181, rue de la Montagne, à temps pour le Grand Prix de Montréal. Mais la police s'est objectée à ce que les propriétaires obtiennent leur permis d'alcool.

L'affaire s'est transportée devant la Régie des alcools, des courses et des jeux vendredi.

Un enquêteur spécialisé du SPVM, Éric Benjamin, est venu expliquer les problèmes qu'il a constatés avec le nouveau projet de restaurant. Selon lui, l'ancienne adresse n'était pas un lieu à problèmes pour la police, même si sa réputation souffrait un peu du fait que des gens du crime organisé faisaient partie des clients réguliers.

En ce qui concerne le nouvel emplacement, une partie du financement s'expliquait de façon satisfaisante à ses yeux: environ 2 millions en travaux d'aménagement ont été payés par le propriétaire de l'immeuble où le restaurant doit emménager, l'homme d'affaires Karsten Rumpf, surnommé autrefois le «Roi des peep-shows de Montréal» parce qu'il était le plus important propriétaire de cinémas XXX de la métropole.

800 000 $ venus de Grèce

Mais une autre partie des fonds, environ 800 000$, posait problème pour la police, car les promoteurs du projet n'ont pas été en mesure d'établir clairement son origine, malgré l'insistance de la police. L'argent a été transféré à partir de comptes bancaires grecs appartenant à Peter Morentzos, l'homme qui a toujours été derrière le concept du restaurant. Propriétaire de plusieurs enseignes à travers le monde, celui-ci n'a inscrit son nom nulle part dans la nouvelle compagnie. Tout est au nom de ses fils, Chris et Alex, âgés respectivement de 26 et 23 ans.

La police remet en question la provenance de ces 800 000 $, dont la source initiale n'a pas été établie. M. Benjamin a parlé d'une origine «nébuleuse» et «très discutable». Il remet aussi en question la capacité des fils Morentzos de gérer un établissement de cette ampleur. Il croit que le véritable patron sera Peter Morentzos, qui utilise des liquidités d'origine inconnue et s'arrange pour ne pas avoir son nom dans les documents légaux.

Phobie québécoise

L'avocat du restaurant, Me Richard Phaneuf, s'est insurgé devant ces arguments. Il a souligné que rien ne prouvait que l'argent dans les comptes grecs de M. Morentzos provenait de source douteuse. «Il faudrait qu'il remonte aux calendes grecques pour démontrer comment il a fait cet argent en 25 ans dans les affaires» a-t-il illustré avec une expression de circonstance.

«On dirait qu'au Québec on a une phobie. Si quelqu'un fait de l'argent ou veut faire de l'argent, c'est criminel!», a-t-il tonné.

Mais la procureure du contentieux de la Régie, Me Isabelle Poitras, a répliqué que dans tous les dossiers de permis d'alcool, c'est au demandeur de prouver que son financement est propre.

«La Queue de cheval, comme tout établissement haut de gamme, est égale devant la loi, comme tout petit commerçant qui doit aussi nous démontrer la légitimité de son financement», a-t-elle dit.

«La question centrale, c'est pourquoi M. Morentzos n'est pas dans la compagnie? Ce serait facile pour lui. Il s'inscrira, il reviendra nous voir, et il répondra à nos questions», a-t-elle conclu.

La Régie doit décider d'ici un mois si elle octroie un permis d'alcool pour le nouvel établissement.




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