Le Buonanotte, un des restaurants les plus huppés du boulevard Saint-Laurent à Montréal, a reçu une lettre de l'Office québécois de la langue française (OQLF) à cause notamment de l'utilisation du mot pasta dans son menu. L'Office a finalement reconnu avoir commis un «excès de zèle» après que l'histoire eut circulé sur les médias sociaux.

Publié le 20 févr. 2013
Émilie Bilodeau LA PRESSE

Le propriétaire de l'établissement, Massimo Lecas, a lu la lettre qui lui était adressée mardi. Il n'en revenait pas: l'office lui demandait de changer les termes italiens de son menu pour qu'il soit conforme à la Charte de la langue française.

Le menu du restaurant utilise par exemple des mots comme insalata, calamari ou pasta pour décrire les salades, calmars ou pâtes. M. Lecas explique qu'il veut faire vivre une expérience aux clients qui se présentent à son établissement. Une description en français figure sous le nom de chaque plat.

«Il y a des items qui n'ont même pas de traduction. Si tu veux dire une pizza margherita, tu n'as pas le choix et tu dois écrire pizza margherita», dit-il. «Les polpete, ce sont des boulettes de viande. Mais tout le monde fait des boulettes de viande et ce ne sont pas les mêmes. Les polpete, en Italie, on les fait avec le veau. Les Meat balls, on les fait avec de la viande d'agneau. C'est pour ça qu'elles ont des noms différents selon le plat qui est servi.»

L'OQLF a envoyé un inspecteur au restaurant en septembre dernier à la suite d'une plainte formulée par un citoyen. Mercredi, l'office a reconnu son erreur et a affirmé que la lettre n'aurait jamais dû être expédiée. «Quand on regarde le menu d'un coup d'oeil, on peut facilement penser qu'il y a une prédominance en italien. C'est sur ce réflexe qu'un inspecteur est intervenu. Avant d'envoyer la lettre, c'est sûr qu'une analyse plus approfondie aurait dû être faite», a expliqué Martin Bergeron, porte-parole de l'OQLF.

Diane De Courcy, la ministre responsable de la Charte de la langue française, a souligné la décision de l'OQLF de ne pas sévir contre le restaurateur. «Dans toutes les questions entourant la langue, jugement et modération doivent être ce qui nous guide», a-t-elle déclaré par voie de communiqué.