Pour apaiser l'opposition quasi unanime à la construction d'un centre de compostage dans Saint-Michel, la chef de l'opposition, Louise Harel, demande des garanties solides quant aux impacts sur les résidants.

Karim Benessaieh LA PRESSE

Ce centre, un des quatre qui verront le jour à Montréal dans les prochaines années, recevra quelque 29 000 tonnes de déchets par année. Ils seront traités dans une section de l'ancien dépotoir Saint-Michel, qui devrait devenir en 2017 le deuxième plus grand parc de Montréal. Une large mobilisation populaire dans le quartier tente de faire échouer le projet, basée notamment sur la crainte que le projet de parc soit abandonné et que le voisinage soit incommodé par les odeurs et la circulation lourde.

«Il faut tenir compte des traumatismes de Saint-Michel, ces craintes sont légitimes, estime Mme Harel. Les garanties que nous demandons devraient les dissiper en partie.»

Nécessité d'un parc

En conférence de presse ce matin, elle a exigé notamment que les bâtiments du centre de compostage et de biométhanisation respectent les critères LEED et qu'ils soient dotés de toits verts. L'aménagement devrait intégrer une oeuvre d'art public et s'intégrer à la «vitrine technologique» qu'est devenu le Complexe environnemental de Saint-Michel.

Elle demande que le site soit zoné parc, assurant ainsi sa vocation future, alors que la désignation actuelle est plutôt «espace vert». Pour limiter les impacts du transport lourd, elle suggère de déplacer leur trajet vers l'ouest, près d'un centre commercial.

Enfin, elle propose que les revenus engrangés par cette activité de revalorisation soit injectés dans un Fonds vert quoi servirait à financer des projets environnementaux communautaires. Un comité de suivi notamment composé de citoyens doit s'assurer que le projet soit sur la bonne voie.

Pour rassurer la population qui craint un agrandissement des installations, elle précise que le certificat d'autorisation qui sera émis par la Ville doit exclusivement permettre le compostage.

Des exemples sans odeur

Josée Duplessis, responsable du dossier au comité exécutif, s'est faite rassurante quant aux impacts de ce centre. «On va être à un quart du nombre de camions qu'il y a présentement. Les citoyens de Saint-Michel vont être invités à siéger au comité de suivi. Dès le printemps, ils vont être invités.»

Quant aux odeurs, elle invite les opposants au projet à regarder les installations déjà existantes. «Les craintes ne sont pas fondées. On n'est pas la première ville, il y a plusieurs villes qui ont des installations de compostage, Toronto par exemple. On a connaît tous les trucs, les recettes, il n'y a pas d'odeur qui sort.»

Présent à l'hôtel de ville, un des leaders du mouvement d'opposition, Pierre Durocher, de l'organisme PARI Saint-Michel, a promis que la lutte continuerait. «Ils retournent à l'ancienne vision de Saint-Michel, où on pouvait y mettre n'importe quoi. Ce n'est pas un hôpital qu'on veut construire, c'est une usine à proximité des résidences. Peut-être que c'est tout simplement un mauvais projet? Les citoyens le pensent.