Sans convention collective depuis deux ans, les ingénieurs et les autres scientifiques de la Ville de Montréal tiendront une journée de grève à compter de 7 h mercredi matin.

Karim Benessaieh LA PRESSE

Services essentiels obligent, ce débrayage de 24 heures ne devrait toutefois pas concerner le fonctionnement de l'appareil municipal, notamment l'approvisionnement en eau potable. Ces 402 syndiqués - 369 ingénieurs, 14 chimistes, 17 géomètres-arpenteurs et 2 vétérinaires - veulent ainsi protester contre la lenteur des négociations avec la Ville.

Expertise convoitée

Essentiellement, le Syndicat professionnel des scientifiques à pratique exclusive de Montréal (SPSPEM) demande une «bonification» des conditions de ses membres les plus expérimentés, ceux ayant de 15 à 25 ans d'ancienneté. Fort convoités par les entreprises privées, ils auraient de meilleures conditions au gouvernement du Québec, soutient Martin Tremblay, président du syndicat.

«On demande quelque chose de similaire. Avec les embauches depuis 2010, on se retrouve aujourd'hui avec un manque flagrant de personnes expérimentées. La Ville n'arrive pas à les recruter. Plus des trois quarts des effectifs ont moins de cinq ans d'ancienneté.»

Pour la Ville, cette demande équivaut à une hausse salariale de 17%. «On n'y arrive pas, dit Jean-Yves Hinse, directeur du capital humain. Le marché nous indique qu'on n'est pas en retard. On n'a pas à rougir de la comparaison, surtout si on tient compte de la rémunération globale.»

Autre point d'achoppement, la Ville souhaite imposer une clause de non-concurrence qui empêcherait tout ingénieur de travailler pour un sous-traitant un an après son départ. Comme on l'a fait avec les autres syndicats, on demande des concessions importantes sur le plan du régime de retraite, 4,6 millions en ce qui concerne les quatre syndicats de professionnels. Le SPSPEM se dit «ouvert» à cette demande globale, mais veut en négocier les modalités. M. Hinse s'est montré surpris de cette version des faits. «Aux dernières nouvelles, ils n'avaient fait que la moitié du chemin.» Quant à l'offre de hausse salariale de 2% par année, la même que celle reçue par les autres employés de la Ville, les scientifiques peuvent «s'en accommoder», précise M. Tremblay.