Entré en politique il y a deux décennies pour empêcher la fermeture de la patinoire extérieure de son quartier, le maire Michael Applebaum est reparti à la défense des surfaces glacées ce matin.

Karim Benessaieh LA PRESSE

Si l'ennemi à combattre s'appelait Jean Doré en 1993, il est aujourd'hui bien plus costaud. Le réchauffement climatique pourrait, selon les scientifiques, faire disparaître la plupart des patinoires extérieures d'ici une quarantaine d'années.

Le maire de Montréal a eu l'insigne honneur d'effectuer la mise au jeu d'un match amical organisé par la coalition Sauvons le hockey. Sur la patinoire des Habitations Jeanne-Mance, boulevard De Maisonneuve, une vingtaine de militants se sont ensuite affrontés pour la cause.

À la grande déception des journalistes et des photographes, le maire Applebaum n'a pas chaussé lui-même les patins. «Je ne suis pas habillé pour ça, il faut que je retourne au travail», a-t-il expliqué en riant.

«Oui, les saisons pour les patinoires sont plus courtes, constate-t-il, plus sérieux. Dans le temps, je pouvais ouvrir celle devant chez moi une semaine avant Noël. Maintenant, il faut attendre la première semaine de janvier.»

Autobus et voitures électriques

Le maire assure que son administration a fait de la lutte aux gaz à effet de serre «une priorité. Que ce soit en investissant massivement dans le transport collectif, en priorisant l'achat de véhicules électriques pour sa flotte, en ouvrant quatre nouveaux sites de compostage, Montréal fait ses devoirs à ce chapitre, estime-t-il. «C'est tout un défi, un travail à long terme. Bien sûr, il y a la solution des patinoires réfrigérées, nous en avons cinq, mais elles sont coûteuses et on ne peut en mettre partout.»

Pour Steven Guilbault, cofondateur et porte-parole d'Équiterre, un des organismes au sein de Sauvons le hockey, les municipalités ont un rôle important à jouer pour réduire les émissions de GES. «Il n'y pas de geste qui ne compte pas. C'est vrai que c'est un travail colossal. C'est un marathon, pas un sprint.»

La priorité, selon lui, doit être de s'attaquer au transport, responsable de 44% des émissions.

Chaque année depuis 2005, une coalition de groupes environnementaux souligne l'anniversaire du Protocole de Kyoto en organisant une partie de hockey amicale sur une patinoire extérieure. On veut sensibiliser les Québécois au risque de voir disparaître la pratique extérieure de leur sport national.