L'interminable feuilleton de la réfection du pavillon Hélène-de-Champlain, qui devait coûter 5,3 millions en 2006 puis a perdu son partenaire privé le printemps dernier, achève. La facture qu'auront à éponger les contribuables montréalais sera de 16,2 millions, a décidé mercredi le comité exécutif, qui étudiait ce dossier controversé pour la quatrième fois depuis la fin du mois d'octobre.

Karim Benessaieh LA PRESSE

Selon la conseillère responsable du dossier, Josée Duplessis, la Ville mettra 35 ans à rentrer dans son argent. «On comprend que c'est une estimation basée sur le loyer et l'impôt foncier», a expliqué Mme Duplessis au comité exécutif.

Au terme d'un vibrant plaidoyer, la conseillère élue sous la bannière de Projet Montréal a réussi à convaincre tous ses collègues de la pertinence de redonner vie au pavillon Hélène-de-Champlain. Le lieu est essentiellement connu pour avoir hébergé un restaurant exploité par l'animateur Pierre Marcotte de 1983 à 2009.

200 000$ d'économies

Les travaux ont été marqués par des hausses constantes de coûts depuis 2006, occasionnées par la forte présence d'amiante et l'omission de frais divers - notamment les taxes.

En 2010, la Société du parc Jean-Drapeau, une organisation paramunicipale responsable du lieu, s'est entendue avec un groupe d'hommes d'affaires mené par le restaurateur Robert Gagnon pour faire du pavillon un «complexe de restauration de fine cuisine gastronomique». Ce partenaire privé devait fournir 4 des 16,4 millions nécessaires à la réfection. L'entente a été annulée le 13 mars dernier.

La société paramunicipale avait alors promis qu'elle allait réviser les coûts des travaux de réfection «pour ne pas redemander de l'argent nouveau à la Ville». Elle aura finalement réussi à retrancher... 200 000$, si on se fie aux documents remis au comité exécutif.

Celui-ci a confié hier un contrat de réfection de 7,5 millions aux Entreprises QMD. Il permettra essentiellement de refaire l'enveloppe du bâtiment, de rendre étanche la toiture, d'aménager les aires intérieures et d'installer la plomberie et l'électricité.

Cette somme s'ajoute aux 8,7 millions déjà dépensés, qui ont laissé l'édifice patrimonial construit à la fin des années 30 complètement vide. «On ne peut pas barricader ce bâtiment-là, ça n'a pas de sens», a plaidé Josée Duplessis. Les travaux de base, qualifiés d'urgents à l'approche de l'hiver, devraient débuter demain et se terminer en novembre 2013. Le nouveau locataire, qui n'a toujours pas été trouvé, devra aménager les lieux à sa convenance.