Après avoir évolué dans l'ombre du maire Gilles Vaillancourt pendant des années, le comité exécutif de la Ville de Laval s'est timidement distancié de lui, jeudi après-midi.

Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

Le numéro deux de la Ville s'est adressé aux médias moins de 24 heures après l'annonce du retrait temporaire du «roi de Laval» pour des raisons de santé.

«La seule crise [dont] on peut parler à Laval actuellement, c'est la crise qui affecte M. Vaillancourt. C'est une crise personnelle et pas une crise autre que cela», a fait valoir le vice-président du comité exécutif, Basile Angelopoulos. «Le comité exécutif n'est pas corrompu.» L'élu municipal avait convié les médias à l'hôtel de ville pour rassurer les Lavallois. Contrairement à la conférence de presse tenue mercredi, M. Angelopoulos était seul au micro, sans ses collègues du comité exécutif.

Inondé de questions sur son degré de confiance envers Gilles Vaillancourt, M. Angelopoulos a refusé de dire s'il croyait toujours en l'honnêteté de son collègue. «Le maire a cette période de réflexion et nous avons l'intention de la respecter», a-t-il simplement dit à plusieurs reprises, en réponse aux questions portant sur la probité du premier magistrat. «Je ne suis pas à l'abri de la tromperie, je ne pense pas que personne ne peut dire qu'il est à l'abri de la tromperie», a-t-il ajouté, au sujet de la possibilité qu'une partie du monde municipal lavallois soit corrompue.

Le reste du comité exécutif «est solidaire», a assuré Basile Angelopoulos. «L'administration de la Ville va continuer d'opérer.»

Le conseiller municipal a aussi admis que le retrait du maire pour cause de maladie ne devrait pas perdurer jusqu'aux prochaines élections municipales, prévues en novembre 2013. «Je ne pense pas que ce sera aussi long», mais «il n'y a pas de date précise» pour le retour, a-t-il toutefois tenu à souligner.

L'opposition n'est pas surprise

Les partis de l'opposition ont poursuivi leurs attaques, hier. Robert Bordeleau, chef du Parti au service du citoyen (PSC), a notamment affirmé qu'il n'avait pas été surpris de savoir que l'Unité permanente anticorruption (UPAC) était à la recherche de dizaines de millions de dollars dans les comptes de Gilles Vaillancourt. «Je ne suis pas surpris. Ça fait 20 ans que je fais de la politique municipale, ça fait 20 ans que j'entends les mêmes rumeurs, les mêmes allégations», a-t-il affirmé.