La Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM) utilise des méthodes douteuses pour augmenter de façon exagérée le loyer de ses locataires, souvent démunis, dénonce Vision Montréal.

Mis à jour le 24 sept. 2012
Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

L'organisme paramunicipal a oublié son rôle social et se comporte comme une véritable entreprise qui donne priorité au profit, ajoute la formation politique.

Ces critiques sont contenues dans une motion qui sera présentée aujourd'hui ou demain devant le conseil municipal.

La SHDM soutient quant à elle que tout a été fait dans les règles de l'art, sauf pour des erreurs isolées. «On est largement en bas du loyer marchand», a assuré Carl Bond, directeur de la gestion immobilière.

40 décisions

En 2011, la Régie du logement a rendu une quarantaine de décisions favorables à des locataires d'un immeuble de la SHDM qui contestaient la hausse de leur loyer. L'organisme avait inclus ses factures de TPS dans les calculs d'augmentation, alors que cette taxe lui est remboursée en totalité. «Ma gestionnaire avait commis une erreur», a expliqué hier Carl Bond, en entrevue téléphonique.

Vision Montréal conteste aussi l'inclusion d'autres frais (notamment l'impôt foncier et les taxes scolaires) dans le calcul des hausses de loyer. «La Régie du logement n'admet pas ces dépenses pour un ajustement de loyer comme frais de service, puisqu'elles ne sont pas encourues afin de fournir aux locataires un service», fait valoir la motion.

Toujours selon la formation politique, les subventions reçues de différentes sources par la SHDM ne profiteraient pas aux locataires.

Au cas par cas

La motion de Vision Montréal dit aussi qu'il n'est pas normal que chaque locataire de la SHDM doive se plaindre individuellement d'une erreur commise par l'organisme, qui gère des milliers de logements.

«Lorsque des décisions sont rendues par la Régie du logement, elles doivent s'appliquer à l'ensemble des locataires, a affirmé en entrevue Étienne Brunet, conseiller municipal du district du Sault-au-Récollet, affilié à Vision Montréal. Beaucoup de personnes ne connaissent pas leurs droits, ne veulent pas s'embarquer dans des démarches comme ça.»

Mais du côté de l'organisme paramunicipal, on ne voit pas les choses du même oeil.

«Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne avec la Régie du logement, dit Carl Bond. Chaque bail est individuel, on ne peut pas rouvrir les baux chaque fois qu'il y a une décision.»

Vision Montréal demande aussi que les élus municipaux aient accès à des informations plus précises concernant les augmentations de loyer imposées aux locataires de la SHDM.