À son dernier conseil des ministres, mercredi, le gouvernement Charest a fait un cadeau d'adieu à Montréal: une subvention de 15 millions en compensation des frais engendrés par le conflit étudiant.

Mis à jour le 8 sept. 2012
Karim Benessaieh LA PRESSE

Après un été de discussions entre l'administration Tremblay, le ministre des Finances Raymond Bachand et celui de la Sécurité publique Robert Dutil, le décret a été officiellement adopté cette semaine. Le chèque envoyé à la métropole sera exactement de 14 922 500$ et sera imputé à l'exercice financier en cours, celui de 2012-2013. Les fonds seront versés par le ministère de la Sécurité publique.

La décision est justifiée par le fait que «les événements entourant le conflit étudiant nécessitent du Service de police de la Ville de Montréal l'ajout significatif de ressources supplémentaires qui interviennent directement sur la problématique». Le montant correspond à l'évaluation qu'avait faite la Ville le 21 août dernier. On avait estimé les heures supplémentaires des policiers à 11,6 millions, les frais d'équipements et de réparation des véhicules de patrouille endommagés à 1,7 million et l'ajout de 100 policiers auxiliaires à 1,7 million. La Ville avait embauché ces policiers plus rapidement que prévu pour donner du répit aux agents monopolisés par les manifestations.

Le président du comité exécutif, Michael Applebaum, avait alors estimé qu'il s'agissait d'un dossier classé. Le porte-parole de l'opposition officielle, Réal Ménard, s'était par contre montré moins catégorique en indiquant au Devoir que «le dossier sera clos le jour où [la Ville aura] reçu le chèque».

Au cabinet du ministre Bachand, on avait affirmé qu'une entente était intervenue, mais on ne pouvait confirmer le montant. L'annonce officielle devait avoir lieu au lendemain des élections.

L'adoption du décret cette semaine «n'est pas une surprise pour nous, c'était une affaire réglée», a commenté la porte-parole du comité exécutif, Martine Painchaud. M. Applebaum avait reconnu le mois dernier que ce montant de 15 millions ne compensait pas les «quelques centaines de milliers de dollars» qu'a coûté le travail des cols bleus pour effacer les traces des manifestations sur la voie publique. Ils devaient par exemple enlever avant les manifestations une partie du mobilier urbain, notamment les poubelles, pour éviter les saccages.