Longueuil demande au gouvernement de lui confier les commandes de l'aéroport de St-Hubert afin de pouvoir en redresser la situation financière tout calmant les problèmes de bruit dénoncés par les voisins des pistes.

Pierre-André Normandin LA PRESSE

Les maires de l'agglomération de Longueuil sont à adopter des résolutions pour demander au gouvernement de placer l'aéroport sous leur contrôle. Celui-ci est présentement dirigé par un organisme public-privé, DASH-L, sur lequel les villes sont minoritaires.

Or depuis quelques années, une multiplication de recours judiciaires paralyse l'aéroport. «Le conseil d'administration de l'organisme est vicié par des confrontations permanentes entre les intérêts privés et le bien collectif», déplore la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire.

En municipalisant l'aéroport, Longueuil est prête  mettre une croix sur les 560 000$ en taxes municipales que lui verse DASH-L. Cette exemption de taxes permettrait de redresser les finances de l'aéroport qui battent de l'aile depuis sa création en 2004, sa direction encaissant des déficits annuels de plus de 330 000$.

La mairesse veut aussi pouvoir régler les problèmes de pollution sonore dénoncés par ses citoyens. «Quand il y a des problèmes de nuisance, on va voir la ville. C'est moi qui dois régler les problèmes, pas DASH-L, alors il faudrait qu'on me donne les moyens», dit Mme St-Hilaire.

Les poursuites pleuvent depuis que DASH-L a justement tenté de limiter les heures de vol et ainsi diminuer la pollution sonore dans le secteur. L'aéroport accueille principalement des écoles de pilotage, une entente avec l'aéroport Trudeau lui interdisant d'offrir des vols transfrontaliers ou internationaux jusqu'en 2071.

Dans un récent rapport commandé par Longueuil, l'ancien ministre fédéral des Transports Benoît Bouchard a recommandé de revoir la gouvernance de DASH-L, sa structure et les conflits en résultant menaçant sa survie.