Gérald Tremblay estime que sa présence n'est pas requise à la commission Charbonneau, annoncée mercredi soir pour faire la lumière sur la corruption et la collusion dans l'industrie de la construction. Le maire de Montréal n'écarte pas la possibilité d'y témoigner, mais se réserve le droit de décider après avoir pris connaissance des «circonstances» entourant une invitation à s'y rendre.

Daphné Cameron LA PRESSE

«J'ai déjà témoigné alors je n'ai pas besoin de témoigner en public une deuxième fois. J'ai déjà dit ce que j'avais à dire aux autorités policières et j'espère qu'il y aura des résultats à très court terme», a déclaré M. Tremblay lors d'un bref point de presse à l'hôtel de ville, en milieu de soirée.

Donc si on vous invite à aller témoigner à cette commission vous n'y allez pas? a rétorqué une journaliste.

«Je n'ai pas dit ça. Je verrai dans quelle circonstance on me demandera d'y aller», a répondu le maire. «Si quelqu'un veut prendre le risque d'accuser sans avoir des preuves, à ce moment-là il risque d'être poursuivi, donc c'est délicat», a-t-il ajouté au sujet d'un témoignage public.

Il y a quelques heures, le premier ministre Jean Charest a annoncé que la commission présidée par la juge France Charbonneau ne pourra forcer quiconque à venir témoigner. L'abandon du pouvoir de contrainte (qui se trouve dans la loi sur les commissions d'enquête) fait en sorte que toutes les informations divulguées lors des audiences publiques pourront ultimement servir de preuve dans le cadre de dépôt d'accusations criminelles. Des témoins seront également entendus à huis clos.

Le maire Tremblay, qui a demandé une commission d'enquête publique dès les élections municipales de 2009, n'a pas voulu se positionner sur la formule retenue.

«Le gouvernement et le premier ministre ont des informations que je n'ai pas. Il y a certainement beaucoup de personnes qui ont déjà témoigné devant l'Unité permanente anticorruption (UPAC) et partant de là, le gouvernement a pris une décision», a-t-il souligné.

À son avis, la commission annoncée aujourd'hui est «un nouvel outil», un «effort additionnel», pour «faire la lumière le plus rapidement possible sur les allégations de collusion et de corruption dans l'industrie de la construction.»

Je souhaite que la commission puisse «démontrer hors de tout doute que dans mon cas à moi et dans le cas d'autres élus on a rien à cacher et que l'on a déjà donné de l'information aux autorités compétentes. Un jour, la preuve va sortir, il y a des gens qui vont être accusés et peut-être que la population va réaliser que l'on a fait, nous, tous les efforts nécessaires.»