Six mois après que la direction générale eut conclu que la Ville de Montréal a perdu la maîtrise de ses propres projets, l'administration Tremblay a adopté hier un «cadre de gouvernance» visant à renforcer l'expertise interne de l'appareil municipal.

Martin Croteau LA PRESSE

Fin septembre, le vérificateur général a levé le voile sur une série d'irrégularités dans l'attribution du contrat des compteurs d'eau. Son rapport a mené à la démission du directeur général, Claude Léger.

 

Un mois plus tard, celle qui a remplacé M. Léger par intérim, Rachel Laperrière, a produit un rapport identifiant plusieurs lacunes, «notamment au niveau du contrôle, du suivi d'évolution administratif des projets, de la reddition de compte, de la transparence des suivis aux élus et de la vulnérabilité de la Ville face au privé».

Hier, le nouveau directeur général, Louis Roquet, a remis le deuxième volet de ce rapport aux élus rassemblés au conseil municipal. Il détaillera l'ensemble des mesures qu'il souhaite mettre en place cet après-midi, mais le comité exécutif a déjà adopté le «cadre de gouvernance» qu'il propose d'adopter pour mieux gérer les projets et les actifs municipaux.

Une série de mesures seront progressivement mises en place d'ici la fin de l'année dans l'appareil municipal et dans les arrondissements. On prévoit en outre que les projets et programmes suivent un cheminement «par points de passage» afin d'assurer une meilleure surveillance.

On souhaite aussi que chaque projet soit suivi par un «chef de projet» depuis la conception jusqu'à sa finalisation, et que des experts municipaux soient davantage impliqués dans la gestion.

Afin de renforcer l'expertise interne de la Ville, l'administration Tremblay a prévu investir 10 millions dans son dernier budget, en janvier. Une analyse interne conclut qu'il faut maintenant créer une centaine de postes pour y parvenir.

«Il a été décidé, dès cette année, de créer 97 postes pour les besoins les plus urgents identifiés avec les unités concernées, peut-on lire dans le rapport. Nous prévoyons que ces postes permettront à la Ville de faire des économies en réduisant les besoins d'expertises externes fournies par des firmes de consultants.»

Nouvelles questions sur l'échangeur Turcot

À la réunion du conseil municipal d'hier soir, la chef de Vision Montréal, Louise Harel, a de nouveau pressé le maire Gérald Tremblay de montrer son jeu dans le dossier Turcot. La Ville souhaite que le ministère des Transports, qui pilote le mégaprojet de 1,5 milliard, construise un échangeur circulaire qui aura une capacité inférieure à la superstructure sur remblais prévue jusqu'ici. Mais l'administration Tremblay refuse de dévoiler la teneur de son projet.

Le maire a échangé sur la question avec la ministre Julie Boulet, hier, et à la réunion du conseil, il a assuré que la proposition de la Ville est toujours à l'étude. Le Ministère souhaite évaluer son coût, les délais qu'elle peut entraîner et son impact sur la sécurité.

«La question n'est pas de savoir si l'on peut faire un échangeur circulaire ou pas, a indiqué M. Tremblay. C'est de savoir combien ça coûte.»