Le Fonds mondial de la nature (WWF) s'est inquiété jeudi de l'augmentation du nombre de rhinocéros tués au Zimbabwe par des braconniers en raison du laxisme des autorités.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les cornes de rhinocéros (une ou deux selon les espèces) sont l'objet d'un intense trafic car elles sont considérées avoir, une fois broyées, des vertus aphrodisiaques.Depuis le début de l'année, le WWF a dénombré déjà une vingtaine de rhinocéros tués par des braconniers, rien que dans le parc naturel de Lowveld (sud) où vivent les trois-quarts de l'espèce au Zimbabwe.

Ce chiffre montre «à quel point le problème augmente», s'est alarmé le responsable de la protection des rhinocéros dans cette région, Raoul du Toit, qui le compare à un total de 70 animaux tués depuis 2000.

«Le manque d'application de la loi et de pressions contre le braconnage menace aujourd'hui de renverser l'excellente tendance» qui a permis d'augmenter la population des rhinocéros ces dernières années au Zimbabwe, a renchéri la directrice du Programme pour la protection des espèces, Susan Lieberman, citée dans le communiqué de WWF.

Le Fonds mondial de la nature a dénoncé la libération récente de quatre braconniers qui ont reconnu avoir tué 18 rhinocéros et être les auteurs en juillet d'une attaque d'une réserve animalière privée.

Le Zimbabwe est désormais dans la ligne de mire de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites), a prévenu Tom Milliken chargé au WWF du commerce international des espèces sauvages. Une délégation doit se rendre bientôt dans le pays pour évaluer la protection des rhinocéros, a-t-il ajouté.

Le Zimbabwe abrite quelque 300 rhinocéros blancs et 500 noirs, qui sont les plus menacés, sur une population mondiale de 14.500 blancs et près de 4.000 noirs, selon le WWF.