Le gouvernement Legault annoncera d’ici la fin du mois un système de consigne sur les bouteilles d’eau en plastique et les bouteilles de vin qui se concrétisera partout au Québec après les élections de 2022.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Il s’agit d’une première mesure verte en ce début d’année que le premier ministre François Legault veut placer sous le signe de l’environnement. Ce sera suivi du dévoilement du nouveau plan de lutte contre les changements climatiques.

À l’heure actuelle, la plupart des bouteilles d’eau en plastique et des bouteilles de vin se retrouvent dans les sites d’enfouissement. Selon Recyc-Québec, moins de 40 % des bouteilles d’eau en plastique et de verre non consignées sont recyclées. Le système de consigne permettrait d’en récupérer davantage. Le consommateur devra payer une consigne lors de l’achat d’une bouteille d’eau en plastique ou de vin — 10 cents, par exemple —, somme qui lui sera remboursée lors du retour.

Un projet pilote d’abord

Il faudra toutefois du temps pour implanter ce système. Québec doit créer un réseau de centres de dépôt — environ 400. Il fera appel au secteur privé pour y arriver. Un projet pilote sera d’abord réalisé dans certaines régions. Le système de consigne sera implanté partout après le scrutin de 2022.

L’élargissement de la consigne est un dossier qui traîne depuis des années à Québec. En allant de l’avant, le gouvernement veut faire la preuve du sérieux de son virage vert. François Legault a lui-même reconnu un déficit de crédibilité en matière d’environnement, alors qu’il avait à peu près ignoré ce thème lors de la campagne électorale.

Changements climatiques

Autre dossier piloté par le ministre de l’Environnement Benoit Charette, le nouveau plan de lutte contre les changements climatiques sera un jalon important. Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), Québec mise principalement sur l’électrification des transports — les autos, les camions et les autobus. Il veut développer la filière du lithium, nécessaire à la fabrication des batteries.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

Benoit Charette, ministre de l’Environnement

Avant les Fêtes, François Legault a dit avoir un « accord » avec son homologue Justin Trudeau sur la nécessité de financer cinq projets de tramway ou de train électrique. Il demande un financement fédéral à hauteur de 40 % pour ces projets, comme dans le cas du tramway de Québec. Les cinq projets se trouvent dans l’est de Montréal, sur le boulevard Taschereau à Longueuil, sur la Rive-Sud, dans la couronne nord et à Gatineau.

Québec ne pourra atteindre l’objectif de réduire les émissions de GES de 20 % d’ici 2020 par rapport à l’année de référence 1990. On est à une réduction de 8,7 % pour la période 1990-2017. Le dernier bilan du ministère de l’Environnement révèle même une légère hausse des émissions en 2016 et 2017, attribuable surtout au secteur des transports. Malgré tout, le gouvernement Legault maintient la cible pour 2030 : une réduction des émissions de GES de 37,5 % par rapport à 1990.

Embouteillage politique

Il y aura un embouteillage politique sur le terrain de l’environnement cette année : tous les partis vont rivaliser pour l’occuper, une première à l’Assemblée nationale.

Il est acquis que le sujet retiendra l’attention dans les courses à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) et du Parti québécois (PQ).

Déjà, au PLQ, Dominique Anglade et Alexandre Cusson se sont dits prêts à faire de la protection de l’environnement la neuvième valeur libérale. C’est une demande des jeunes libéraux, qui pèsent lourd dans le choix du prochain chef, avec le tiers des votes. Dominique Anglade a promis un « nouveau pacte économique sur le climat », alors que son adversaire Alexandre Cusson fait de la « transition énergétique » une priorité.

Au PQ, le seul candidat à la direction déclaré à ce jour, Sylvain Gaudreault, ambitionne de faire du Québec « le premier pays vert au monde ». Paul St-Pierre Plamondon, dont la candidature est hautement probable, croit que « les questions d’indépendance et d’environnement sont intrinsèquement liées ».

De son côté, Québec solidaire a fait de l’urgence climatique un cheval de bataille. Il demande au gouvernement de déposer d’ici le 1er octobre un « plan de transition économique crédible », à défaut de quoi il utilisera « tous les moyens » à sa disposition, « à l’Assemblée nationale comme dans la rue, pour le forcer à agir pour le climat ». Il menace le gouvernement de faire un « barrage parlementaire ».