Un glaciologue affirme que ce n’était qu’une question de temps avant que le dernier plateau de glace intact du Canada ne se brise.

Lauren Krugel
La Presse canadienne

Le Service canadien des glaces a publié une animation satellite sur Twitter la fin de semaine dernière montrant l’effondrement du plateau de glace Milne, au Nunavut. L’effondrement a réduit la taille du plateau de 43 %, à 106 kilomètres carrés.

Derek Mueller, professeur agrégé à l’Université Carleton d’Ottawa, affirme que l’effondrement était inévitable, mais pour lui, cela équivaut à la perte d’un bon ami.

Ce spécialiste des plateformes de glace de l’Arctique a fait plusieurs voyages sur l’île d’Ellesmere depuis 2004 pour y étudier la glace et a été témoin de sa détérioration progressive.

Même si le plateau de glace de Milne avait conservé sa superficie jusqu’à la semaine dernière, il présentait de nombreuses fissures qui s’étaient aggravées au fil des ans.

La pandémie de COVID-19 a empêché M. Mueller et ses collègues de se rendre dans l’Arctique cet été. Ils y avaient installé des instruments de recherche l’été dernier et étaient censés y retourner pour les récupérer.

« Nous avons perdu non seulement notre équipement, qui dérive maintenant dans l’océan Arctique, mais aussi les informations qu’il a enregistrées au cours de cette période », a déploré le scientifique.

Les données de recherche sur les organismes marins découverts dans les poches d’eau de la glace, comme les éponges et les anémones de mer, sont également parties à la dérive.

« Nous ne savons pas quelles sont les conséquences (de l’effondrement du plateau de glace) pour ces animaux. Et ils ne seront certainement plus là où nous étions en train de les étudier, parce que cette partie s’est éloignée du rivage », a-t-il expliqué.

« Si nous retrouvons des animaux de ce type, je pense que ce sera un coup de chance. »