(QUÉBEC)  Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, n’a pas été en mesure de garantir mercredi que les Québécois peuvent boire l’eau de leur robinet en toute quiétude. Selon lui, il revient aux municipalités, pas au gouvernement, de s’assurer qu’elle contient des concentrations de plomb sécuritaires.

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

Questionné plusieurs fois à savoir si l’eau courante est sécuritaire dans la province, M. Charettte a dit s’en remettre aux villes.

« On ne peut pas, naturellement, prendre à notre charge la qualité de l’eau qui est offerte par toutes les municipalités du Québec, dans chacune des résidences du Québec, a dit le ministre. La responsabilité incombe aux municipalités. »

La Presse et Le Soleil ont révélé la semaine dernière que l’eau distribuée dans plusieurs écoles primaires du Québec contient des concentrations de plomb plus élevées que les normes fédérales. L’un des établissements présentait une concentration sept fois supérieure à la norme de Santé Canada.


Selon un reportage du Devoir, des étudiants en journalisme de Concordia et de Global News publié mercredi, le problème dépasse largement les écoles et touche aussi les résidences privées.

Au Québec, les municipalités utilisent une méthode reconnue pour son inefficacité pour dépister le plomb dans l’eau potable. On fait couler le robinet pendant cinq minutes avant le prélèvement. Santé Canada recommande plutôt de laisser le robinet inactif pendant une demi-heure avant de faire le test.


Le Québec est la seule province au Canada à ne pas appliquer la norme fédérale.


Le ministère québécois de l’Environnement a émis une directive aux municipalités pour qu’elles adoptent les méthodes de Santé Canada plus tôt cette année, a assuré M. Charette. Dès lors, c’est à celles-ci de prendre leurs responsabilités, a-t-il expliqué.

« Il y a une prérogative qui revient aux municipalités au niveau des normes à rencontrer, a-t-il dit. Le ministère de l’Environnement édicte des normes qui sont basées sur des données probantes de santé publique. Donc la consigne est donnée et maintenant, c’est la municipalité de mettre tout en œuvre pour s’assurer que l’eau est de qualité. »


Legault rassurant


Le premier ministre François Legault estime pour sa part que les Québécois n’ont pas à s’inquiéter. Il s’est dit confiant que l’eau qui coule dans leurs robinets ne présente pas de risque majeur.

« Jusqu’à preuve du contraire, oui c’est sécuritaire, a dit M. Leagult. Maintenant, on ne veut pas prendre de chances. C’est préoccupant, ce qu’on a entendu, donc on va demander à chaque école de s’assurer qu’il y a des tests de faits, avec des bonnes normes. »


Le gouvernement Legault a en effet exigé la semaine dernière que chaque école du Québec mène une vérification de son eau potable pour s’assurer qu’elle ne contient pas des concentrations trop élevées de plomb.


Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a indiqué que les écoles primaires seront inspectées en priorité. Le processus sera terminé « d’ici la fin de l’année scolaire », un délai de huit mois.