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L'échangeur Turcot passe au BAPE

L'échangeur Turcot est un immense carrefour autoroutier, utilisé... (Photo: David Boily, La Presse)

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L'échangeur Turcot est un immense carrefour autoroutier, utilisé par 280 000 automobilistes par jour.

Photo: David Boily, La Presse

Bruno Bisson
La Presse

Le projet de reconstruction de l'échangeur Turcot, au sud-ouest de Montréal, sera soumis à un examen environnemental public dès les mois de mai et juin prochain, s'il n'en tient qu'à la ministre des Transports du Québec, Julie Boulet.

Dans une lettre adressée le 8 avril dernier à sa collègue du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, la ministre Boulet «demande la tenue d'une audience publique» sur le projet du MTQ, «qui constitue une des priorités du gouvernement dans la région de Montréal».

 

«Compte tenu de l'urgence d'agir, poursuit-elle, le MTQ espère que l'audience publique puisse se tenir avant les vacances estivales pour éviter un délai qui retarderait le début des travaux de plusieurs mois.»

Le projet du MTQ est présentement en «période d'information», et ce, jusqu'au 8 mai prochain. Pendant cette période, toute personne ou organisme intéressés par le projet peut réclamer la tenue de consultations publiques, organisées par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) en écrivant à la ministre Beauchamp.

Il est très rare qu'un ministre se prévale d'un tel droit.

L'échangeur Turcot est un immense carrefour autoroutier, utilisé par 280 000 automobilistes chaque jour, et qui relie entre elles les autoroutes A-15 (Décarie), A-20 (Jean-Lesage) et A-720 (Ville-Marie), dans le sud-ouest de Montréal.

Cette semaine, deux séances d'informations organisées par le BAPE ont attiré environ 500 personnes dans les arrondissements du Sud-Ouest et de LaSalle, qui seront les plus directement touchés par le grand chantier de sept ans.

Le MTQ a présenté les grandes lignes du projet qui vise à remplacer le vieil échangeur de béton en reconstruisant, à côté des bretelles actuelles, de nouvelles voies de circulation aménagées sur des remblais.

Selon Mario Turcotte, directeur de la Direction territoriale de l'île de Montréal de Transports Québec, cette reconstruction offrira une «occasion unique pour améliorer l'intégration de cette importante infrastructure dans son milieu d'insertion naturel.»

Les grands piliers de béton de l'échangeur actuel, inauguré en 1967, feront place à des remblais de hauteur variables - les plus hauts s'élèveront jusqu'à 10 mètres de haut. Ils permettront de rabaisser les voies de circulation vers le sol, et de reverdir 300 000 mètres carrés d'emprises autoroutières et de terrains résiduels, en périphérie de l'échangeur.

La réalisation de ce projet prendra au moins sept ans. Cinq ans pour la construction et la mise en service des nouvelles voies de circulation, et deux années de plus pour la démolition des anciennes structures.

Le projet du MTQ ne fait toutefois pas l'unanimité dans le Sud-Ouest. Des élus locaux s'inquiètent des répercussions d'un chantier d'envergure qui durera des années, sur la qualité de vie des milliers de résidants qui habitent des quartiers traversés par des bretelles d'échangeur, comme Saint-Henri ou Côte-Saint-Paul.

En réponse à une résidante du quartier Saint-Henri, le MTQ a reconnu que ses estimations de la pollution produite par la circulation automobile dans les milieux résidentiels limitrophes à l'échangeur ont été produites à partir de données provenant de stations de mesures situées à des kilomètres de distance de l'échangeur Turcot.

Les représentants du MTQ ont expliqué qu'il n'existait aucune station de mesure de la qualité de l'air dans l'échangeur, ou dans sa périphérie. Les données ont toutefois été prélevées «dans des environnements similaires», a assuré le directeur du Bureau de projet Turcot, Alain Dubé, pour estimer les concentrations de pollution attribuables au trafic de l'échangeur.

Le directeur du Conseil régional de l'environnement de Montréal, M. André Porlier, a aussi fait dire à un haut fonctionnaire du MTQ, mardi soir, qu'une partie de l'autoroute 20 sera élargie de six à huit voies de circulation pour aménager une voie réservée aux «véhicules à haut taux d'occupation».

Un tel aménagement «ajoute effectivement de la capacité véhiculaire» à l'autoroute, a reconnu le chef du Service de la modélisation des systèmes de transports du MTQ, Pierre Tremblay.

Le lendemain, le MTQ publiait un communiqué pour préciser qu'une telle augmentation de la capacité routière dépendra de la vocation donnée à ces voies de circulation supplémentaires par les municipalités ou organisme qui exploiteront la future voie réservée.

Le MTQ a en outre précisé que «des études sont présentement en cours afin de déterminer les usages précis de cette voie, à savoir si elle sera réservée exclusivement aux taxis et aux autobus, ou si elle sera en plus affectée au covoiturage.»

 




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