Chantal Rouleau, candidate caquiste dans la circonscription montréalaise de Pointe-aux-Trembles, a porté plainte à trois reprises au cours des dernières semaines après avoir aperçu des personnes rôder près de sa résidence personnelle et prendre des photos.

Publié le 18 sept. 2018
Simon-Olivier Lorange LA PRESSE

Mme Rouleau considère ces gestes du harcèlement à son endroit.

« Des gens viennent sur le terrain, se cachent derrière les arbres... On en a intercepté un qui disait prendre des photos "pour ses amis". Des voisins nous avertissent qu'ils voient des gens passer de 20 h à minuit. Ce n'est pas touristes qui font ça... », déplore celle qui est également mairesse de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles.

Elle affirme également avoir reçu des lettres de menaces dans sa boîte aux lettres. « Des gens souhaitent que je ne sois pas là, on fait référence à des choses personnelles », énumère-t-elle.

« Depuis que je suis en politique, ça peut arriver que je reçoive des lettres plus ou moins gentilles, mais là c'est carrément des menaces », ajoute-t-elle.

Ces événements suscitent l'inquiétude des proches de Mme Rouleau, à commencer par son fils de 16 ans.

« Qu'on veuille me faire peur, c'est une chose. Mais ma famille, personne n'a le droit d'y toucher. C'est rendu que chaque fois qu'on marche sur le trottoir et qu'on voit quelqu'un s'arrêter, on se demande ce qui va se passer. Ce n'est pas normal de vivre avec un sentiment de peur. »

Elle affirme avoir mis signalé la situation à son poste de quartier. La surveillance a donc été augmentée près de sa résidence.

Chantal Rouleau est la deuxième candidate caquiste à faire une sortie publique pour dénoncer l'intimidation dont elle est la cible depuis le début de la campagne. À la fin du mois d'août, l'ex-policier Ian Lafrenière, candidat dans Vachon, a déposé une plainte à la Sûreté du Québec après que des affiches le montrant avec une balle dans le front eurent été aperçues au cégep de Saint-Jérôme.

Mme Rouleau ne croit toutefois pas que les menaces qu'elle a reçues sont en lien avec ses allégeances politiques. « C'est sans doute lié à la campagne électorale, mais ça peut toucher n'importe quel politicien de n'importe quelle formation. »

La candidate considérait par ailleurs important de faire une dénonciation publique des gestes la visant. « On dit à nos jeunes de dénoncer les situations de harcèlement. C'est ce que je fais aujourd'hui. Ça me met une pression indue. Je ne suis pas en politique pour vivre ce genre de situation. »

Par le truchement d'un porte-parole, la CAQ a quant à elle fait savoir qu'elle « [dénonçait] l'intimidation et les actes de violence, quels qu'ils soient. Tous celles et ceux qui se présentent lors de l'élection, peu importe le parti, doivent pouvoir s'exprimer et faire campagne en toute sécurité ».