Le masque ne sera pas obligatoire pour les élèves québécois lors de la prochaine rentrée scolaire, mais seulement « si la situation demeure la même ». Signe que le risque d’une huitième vague est toutefois réel, Québec veut acquérir 30 millions de masques en vue de l’automne. Et dans le réseau universitaire, on se prépare déjà à devoir s’adapter.

Publié le 10 août
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Si la situation demeure la même, aucun changement n’est prévu pour la rentrée. Comme la Santé publique l’a répété en point de presse, les mesures en vigueur seront les mêmes qu’en juin dernier », a indiqué Audrey Noiseux, attachée de presse au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Elle rappelle que le port du masque, qui n’est plus formellement obligatoire depuis le 14 mai dans le réseau scolaire, demeure « à la discrétion de chaque personne ».

Or, dans un appel d’offres publié sur le Système électronique d’appels d’offres du gouvernement, on apprend que le gouvernement « souhaite acquérir 30 millions de masques [médicaux] adultes de niveau 3 » à la demande du ministère de l’Éducation du Québec, afin que tous les centres de services scolaires et les établissements privés « puissent se conformer aux mesures sanitaires qui seront énoncées par la Santé publique […] durant la période scolaire 2022-2023 ».

Il semble que les autorités veuillent aussi dégager une réserve pour l’avenir, car « deux options d’acquisition supplémentaire, pour des besoins récurrents le cas échéant, de 30 millions de masques sont prévues au contrat aux mêmes termes et conditions ». « Un préavis de 30 jours sera transmis au fournisseur pour lever chacune des options », avancent également les autorités.

Au ministère de l’Éducation, la porte-parole Esther Chouinard explique que cet appel d’offres a surtout été fait par « mesure préventive ».

Avec 30 millions de masques pour adultes, le ministère de l’Éducation prévoit être en mesure de distribuer des masques durant un mois et demi, si le masque est obligatoire en tout temps. En absence d’obligation, les masques seront disponibles pour ceux et celles qui souhaiteront continuer à les porter.

Esther Chouinard, porte-parole du ministère de l’Éducation

« On veut s’assurer d’avoir suffisamment de masques en [réserve] pour être prêts si la situation sanitaire changeait », a aussi commenté Mme Noiseux, au cabinet du ministre Roberge.

Les universités se préparent

Dans le réseau universitaire québécois, on surveillera attentivement les règles en vigueur — ou la modification de celles-ci — en prévision de la rentrée. « Advenant un changement de directive gouvernementale, nous nous adapterons en conséquence », soutient la porte-parole de HEC Montréal Émilie Novales.

Pour l’instant, « le masque [médical] n’est plus obligatoire sur notre campus, mais afin de limiter la propagation de la COVID-19, certaines mesures sanitaires demeurent recommandées, notamment la distanciation physique, les barrières physiques et le port du masque [médical] », poursuit Mme Novales. « Ces consignes relèvent désormais d’un choix personnel », signale-t-elle, rappelant que l’établissement continue tout de même de fournir des masques, du gel hydroalcoolique et des tests rapides à ses étudiants.

La porte-parole de l’Université McGill, Shirley Cardenas, affirme aussi que « nous devons nous montrer prudents ». « Les masques continueront d’être disponibles sur nos campus, et tous ceux qui souhaitent les porter sont encouragés à le faire, et ce, particulièrement à l’intérieur. Si le Québec décidait de modifier ses directives sur les masques, l’Université pourrait revoir les consignes de notre côté également », évoque-t-elle.

À l’Université de Montréal, le comité de gestion de la COVID-19 s’est justement réuni mardi « pour faire le point au sujet de la rentrée » et devrait publier des recommandations prochainement. « Pour l’instant, il n’est pas prévu d’imposer le port du masque lors du retour en classe à l’automne. Toutefois, l’Université restera attentive à l’évolution de la situation et continuera de s’ajuster au besoin », affirme l’attachée de presse Julie Gazaille.

Comment s’annonce la huitième vague ?

Cette annonce du gouvernement québécois survient à peine 24 heures après celle du ministre ontarien de l’Éducation, Stephen Lecce, qui a confirmé que les élèves n’auront pas à porter le masque, disant vouloir que ceux-ci « profitent pleinement des clubs, des sports et des activités parascolaires, qui sont essentiels pour leur santé physique et mentale ».

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Le Dr Luc Boileau, directeur national de santé publique

Parlant de « signaux encourageants » jeudi dernier, le directeur national de santé publique, le Dr Luc Boileau, avait toutefois prévenu que la descente graduelle de la septième vague appelle encore à beaucoup de prudence. Car selon lui, la rentrée va « fort probablement » relancer les infections, comme cela a souvent été le cas depuis le début de la pandémie.

Québec estime être en mesure de modéliser d’ici une semaine « ce qui devrait se passer au cours de l’automne », mais prévient d’emblée qu’il y aura « certainement de nouveau une hausse des cas ».

Une nouvelle campagne de vaccination sera lancée dès le 15 août, avec d’abord les personnes qui résident en CHSLD, en résidence privée pour aînés (RPA) ou dans d’autres milieux de vie, qui pourront recevoir une nouvelle dose de rappel. François Legault a d’ailleurs reçu sa quatrième dose vendredi dernier.