Un syndicat représentant les travailleuses de 60 CPE à Montréal et Laval menace de démarrer une grève de dix jours, dénonçant les « reculs majeurs » que souhaiterait imposer l’employeur sur les dispositions de la convention actuelle.

Mis à jour le 15 avril
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Ils veulent modifier la semaine normale de travail, ce qui précarise les conditions de travail. Ils veulent aussi retirer notre participation au rôle de l’équipe, au choix des horaires, des groupes et aux comités de sélection et de permanence. Ces éléments sont au cœur de l’organisation du travail paritaire pour laquelle les travailleuses se battent depuis 20 ans. Pour nous, ce sont des reculs inacceptables », fustige la présidente par intérim du Syndicat des travailleuses des CPE de Montréal et Laval (STCPEML), Anne-Joëlle Galipeau.

Le syndicat déplore avoir pourtant proposé « le retrait de l’ensemble de ses demandes et le statu quo » si l’Association patronale nationale des CPE (APNCPE) acceptait l’entente nationale intervenue avec le gouvernement, en décembre dernier.

Les membres du syndicat, qui est rattaché à la Fédération de la santé et des services sociaux et la CSN, ont donc voté pour une grève de dix jours mercredi soir lors d’une assemblée, et ce « avec une forte majorité ». Les travailleuses disent vouloir « augmenter la pression » sur l’employeur. Ce dernier demeure selon elles « la seule association patronale qui refuse encore d’appliquer dans son intégralité » l’entente gouvernementale, qui a pourtant fait l’objet d’ententes avec « plusieurs de leurs collègues du reste du Québec ».

En effet, l’Association patronale n’était pas assise à la table de négociation nationale, l’hiver dernier. Et selon le syndicat, c’est justement ce qui « provoque le blocage actuel ». Pour « dénouer l’impasse, le syndicat appelle les parents à “interpeller le conseil d’administration de leur établissement” sur le sujet ».

Personne ne sortirait « gagnant »

Jointe par courriel vendredi, l’APNCPE n’avait pas répondu aux demandes de La Presse au moment d’écrire ces lignes. Plus tôt cette semaine, lundi, sa porte-parole, Chantal Bellavance, indiquait toutefois que les parents, les travailleuses et les CPE seraient « pénalisés » par une grève. « Il n’y a personne qui sort gagnant de journées de grève », avait-elle alors soutenu.

Mme Bellavance affirme ne pas comprendre l’attitude du syndicat. Elle assure au contraire avoir « accepté l’ensemble de la proposition syndicale », notamment celle d’intégrer l’entente nationale conclue l’hiver dernier avec l’ensemble des syndicats.

Elle admet avoir en revanche trois demandes concernant des clauses régionales – et c’est ce qui pose un problème avec le syndicat – concernant garanties quant à la durée de la semaine de travail, quant au rôle de l’équipe de travail et quant au comité de sélection et de permanence.

Reste qu’aux dires de l’employeur, il y a toujours possibilité de s’entendre, pourvu que les parties s’assoient à la table et négocient. « Ce sont des articles qui peuvent être négociés, discutés. Il resterait trois articles à négocier. On pense qu’il y a moyen de régler ça entre le syndicat et la partie patronale sans faire un mandat de grève », a également soulevé M. Bellavance.

Avec La Presse Canadienne