Les profs qui doivent suivre à distance les nombreux élèves absents de leurs classes en raison de la COVID-19 et qui font de la surveillance doivent recevoir une compensation pour leurs heures supplémentaires, dit la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE).

Publié le 2 février
Marie-Eve Morasse
Marie-Eve Morasse La Presse

« On ne veut plus entendre le ministre [de l’Éducation] dire que la rentrée est un succès. Pour les enseignants, c’est un échec sur le plan de la stabilité et du rattrapage académique qu’il faut faire avec les élèves », dit Josée Scalabrini, présidente de la FSE.

Il y avait en date de vendredi dernier 47 700 élèves de la province et 4500 enseignants forcés de rester à la maison en raison d’un test positif ou d’un contact avec une personne atteinte de la COVID-19.

Au primaire, c’est 31 809 élèves qui sont isolés, tandis qu’ils sont 14 541 au secondaire.

Ces chiffres ne témoignent pas de la réalité sur le terrain, dit Mme Scalabrini. « Le chiffre est vrai. Le problème, c’est que les 48 000 élèves absents ne sont jamais les mêmes », dit-elle.

Dans les derniers jours, de nombreux enseignants ont témoigné que plusieurs de leurs élèves sont absents chaque jour parce qu’ils sont isolés.

Services quotidiens

Québec prévoit que lorsque l’absence d’un élève est de plus de deux jours, il doit se voir offrir « des services sur une base quotidienne, lui permettant de poursuivre ses apprentissages, et ce, malgré son absence de l’établissement scolaire ».

Or, dit la FSE, les interprétations de cette consigne varient selon les centres de services où l’on se trouve. Certains enseignants doivent appeler chacun de leurs élèves absents après leur journée de travail.

« Il faut arrêter de dire aux profs qu’ils sont beaux et extraordinaires. On ne dira pas juste ça à un médecin qui va faire plus d’opérations, à une infirmière qui fait des heures supplémentaires. Ils vont être compensés », poursuit Josée Scalabrini.

Mercredi, l’autre syndicat enseignant de la province, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), a lui aussi accusé le ministre de l’Éducation de « tout faire pour tenter d’enjoliver la situation et de minimiser, voire de camoufler, les problématiques vécues ».

Le syndicat cite notamment le dossier de la qualité de l’air dans les écoles, mais aussi les nombreuses absences d’élèves en raison de la COVID-19. « C’est comme si la totalité de la ville de Shawinigan avait été placée en isolement », note la FAE dans un communiqué.