(Montréal) À quelques jours de la rentrée scolaire, le gouvernement du Québec a livré 68 % des 90 000 lecteurs de dioxyde de carbone (CO2) qu’il avait promis d’installer dans toutes les classes de toutes les écoles avant la fin de décembre 2021.

Mis à jour le 14 janvier
Stéphane Blais La Presse Canadienne

En date de vendredi, les lecteurs destinés aux classes jugées prioritaires, donc celles qui avaient enregistré des lectures qui allaient au-delà de 1500 ppm, sont tous livrés, selon le ministère de l’Éducation.

« Il s’agit d’une opération ambitieuse, de très grande envergure, qui implique 3600 bâtiments », a déclaré Caroline Imbeau, sous-ministre adjointe au ministère de l’Éducation du Québec lors d’une séance d’information technique pour les journalistes concernant la qualité de l’air dans les écoles.

Le CO2 est un des indicateurs de la qualité de l’air et lorsqu’un lecteur affiche une concentration élevée, il est possible que l’air contienne des contaminants nuisibles, comme le SRAS-CoV-2, si une personne dans la pièce est atteinte du virus.

Les lectures des appareils en temps réel « permettront d’intervenir rapidement et directement dans les locaux, au besoin », selon le ministère de l’Éducation.

« Les lecteurs [de CO2] vont permettre de surveiller la ventilation mécanique et identifier les salles de classe déficientes en ventilation et apporter de vrais correctifs, comme l’ajout des échangeurs d’air », a précisé Ali Bahloul, spécialiste de la ventilation industrielle et de la qualité de l’air intérieur qui conseille le gouvernement sur les mesures dans les écoles.

Québec mise sur l’ouverture régulière des fenêtres dans les écoles qui n’ont pas de système de ventilation mécanique afin de permettre l’évacuation de l’air vicié. Selon des données du ministère de l’Éducation datant de 2020, plus de la moitié des écoles (1870 sur 3227) ne disposaient pas de système de ventilation mécanique.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et ses fédérations du secteur scolaire ont dénoncé il y a quelques jours que le gouvernement ne mise pas, comme l’Ontario, sur l’installation d’échangeurs d’air et d’unités portatives dans les classes et les locaux où la qualité de l’air est déficiente.

Or, les échangeurs d’air sont disponibles pour les écoles, mais en quantité limitée, et pour celles qui en font la demande.

« À ce jour, c’est près de 400 appareils qui ont été installés dans des locaux d’apprentissage par les organismes scolaires. La réserve compte une centaine d’appareils, et nous recevrons d’autres échangeurs prochainement », a précisé la sous-ministre adjointe Caroline Imbeau en ajoutant que « la réserve du gouvernement permet de faire face à la demande ».

Concernant les purificateurs d’air qui sont utilisés dans certaines écoles en Ontario et aussi au Québec par la Commission scolaire English-Montréal, le ministère de l’Éducation continue d’en déconseiller l’utilisation.

Le conseiller du gouvernement Ali Bahloul a tenu à préciser que contrairement aux échangeurs d’air, qui « apportent de l’air frais de l’extérieur », les purificateurs « ne changent pas l’air, ils vont aspirer l’air, purifier l’air périmé et l’introduire à nouveau », c’est donc un appareil de « recyclage d’air ».

Selon M. Bahloul, les purificateurs d’air peuvent même devenir dangereux dans une salle de classe qui possède une ventilation mécanique, Il a d’ailleurs cité un rapport du ministère de la Santé et des Services sociaux à ce sujet.

« Lorsque la ventilation est adéquate, ces dispositifs sont inutiles et même potentiellement risqués, pouvant nuire au bon fonctionnement des systèmes de ventilation en place. Enfin, ils peuvent générer des courants d’air importants qui peuvent être problématiques, notamment en favorisant la dispersion d’aérosols de plus grande taille à distance et l’altération des flux d’air si un système de ventilation mécanique est déjà en place. »

Les élèves du secondaire auront également accès aux tests rapides

Le DYves Jalbert, directeur général adjoint à la Direction de la protection de la santé publique, a indiqué que des tests de dépistage rapide seront finalement distribués aux élèves du secondaire.

« La situation va être corrigée, c’est clair, il y a déjà des interventions qui sont faites par le ministère de l’Éducation pour dévier des livraisons vers le milieu secondaire, on va s’assurer que ce soit réglé comme problème. »

Les élèves de 12 ans et plus qui ont des symptômes de la COVID-19 devront s’isoler cinq jours s’ils sont « adéquatement vaccinés » et 10 jours s’ils ne sont pas « adéquatement vaccinés ». Après cette période, l’enfant pourra retourner en classe s’il obtient un résultat négatif à un test de dépistage rapide.

Les enfants de moins de 12 ans et ayant des symptômes de la COVID doivent s’isoler pour une période de cinq jours, peu importe le statut vaccinal.