(Québec) Les directions d’école et les parents s’impatientent face au délai qu’impose Québec avant de confirmer si les enfants retourneront comme prévu en classe lundi prochain. Le gouvernement Legault se laisse jusqu’à jeudi pour rendre sa décision.

Publié le 12 janvier
Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

En point de presse mardi, François Legault a réitéré qu’il visait un retour sur les bancs d’école le 17 janvier. Il s’agit pour lui d’une « priorité » dans le contexte où ne pas y retourner pose des enjeux de santé mentale pour les enfants. Le premier ministre laisse toutefois jusqu’à mercredi ou jeudi à son nouveau directeur national de santé publique par intérim, le DLuc Boileau, pour lui fournir un avis.

Ce délai exaspère le milieu scolaire, qui attend toujours qu’on lui fournisse une mise à jour des protocoles encadrant les fermetures de classes en cas d’éclosion liée à la vague du variant Omicron de la COVID-19. « On a deux ans d’expérience avec cette pandémie. Est-ce qu’on est capables de prévoir un peu mieux les choses ? », demande Kévin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec.

Le réseau scolaire a beaucoup donné et je trouve qu’on tient pour acquis qu’on se revire vite et que tout s’organise rapidement.

Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement

M. Prévost souhaite que Québec annonce sa décision mercredi.

« On fait face à un retour en classe qui ne sera pas facile. On va fermer beaucoup de classes, ça sera impressionnant. Il nous manque déjà beaucoup de personnel, alors imaginez dans les semaines à venir quand on va atteindre le pic », prévient-il.

« Je pense qu’on devrait pouvoir faire mieux. On est censés avoir appris depuis un an », estime Sylvain Martel, porte-parole du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec.

« Le jour de la marmotte »

La critique libérale en matière d’éducation, Marwah Rizqy, estime que le gouvernement fait vivre « le jour de la marmotte » aux parents qui ignorent si leurs enfants (et eux-mêmes, du même coup) poursuivront l’école à distance la semaine prochaine.

« La personne qui a le mieux exprimé l’état de la situation, c’est le DAndré Veillette [chercheur en immunologie], qui disait qu’il faut organiser le chaos » pour reprendre le contrôle de la situation, cite la députée. Pour y arriver, les libéraux réclament que Québec distribue des masques N95 au personnel scolaire qui le demande et fournisse des tests rapides à tout le réseau, y compris au secondaire.

La députée de Québec solidaire Christine Labrie considère qu’en fournissant des masques N95 au personnel des écoles et des tests rapides à grande échelle, une rentrée scolaire peut se faire de façon sécuritaire.

Tout le monde est conscient que le virtuel a de très grosses limites [et que] ce n’est pas souhaitable que ça dure. Je veux un retour en classe, mais il doit être sécuritaire. Pas pour quelques jours et que des centaines de classes ferment ensuite parce qu’il y a des éclosions.

Christine Labrie, députée de Québec solidaire

Pour la députée péquiste Véronique Hivon, « le manque de prévisibilité [du gouvernement] n’a aucun sens ».

« Ça fait presque deux ans qu’on joue dans ce film en éducation, et c’est consternant le nombre de fois où on a répété les mêmes choses au gouvernement. Rien n’aboutit jamais. On a le sentiment que le gouvernement n’apprend pas », dit-elle. Mme Hivon demande à Québec de dévoiler ses plans de contingence pour remplacer les enseignants qui devront s’isoler s’ils contractent la COVID-19 cet hiver.

Taux de vaccination

Pendant ce temps, au cours des dernières semaines, le taux de vaccination des jeunes de 5 à 11 ans n’a guère progressé dans certaines régions de la province. Dans l’ensemble du Québec, 57 % des jeunes ont reçu leur première dose de vaccin, mais à Laval, ce taux baisse à 50 %. Il est de 51 % dans l’île de Montréal.

Dans certains quartiers de la métropole, l’adhésion à la vaccination dans cette tranche d’âge est bien en deçà de la moyenne québécoise. C’est notamment le cas à Saint-Léonard, où seulement 26 % des enfants de 5 à 11 ans ont reçu une première dose de vaccin, tandis que cette proportion s’élève à 36 % à Montréal-Nord. À titre de comparaison, près de 62 % des enfants de Rosemont–La Petite-Patrie ont reçu la leur.

Avec la collaboration de Marie-Eve Morasse, La Presse