Comme c’est le cas pour les écoles primaires et secondaires, Québec prévoit que les élèves des cégeps et des universités reviendront sur les campus à compter du 17 janvier, mais leur permet de rester en enseignement à distance jusqu’à la fin du mois. Pour bien des élèves et des enseignants, l’incertitude persiste néanmoins.

Publié le 7 janvier
Marie-Eve Morasse
Marie-Eve Morasse La Presse

Le ministère de l’Enseignement supérieur l’a réitéré vendredi dans un message envoyé aux cégeps et aux universités : « conformément aux recommandations de la Direction de la santé publique », tous pourront être en salle de classe le 17 janvier prochain.

Mais à l’instar d’universités qui ont déjà annoncé qu’elles reportaient leur rentrée en présence de quelques semaines (l’Université de Montréal et l’Université Laval, entre autres), le gouvernement prévoit pour les établissements d’enseignement supérieur qui le souhaitent une « période de transition » leur permettant de rester en enseignement à distance jusqu’au 31 janvier, au plus tard.

Ce mot d’ordre ministériel n’enlève rien à la complexité de la situation dans les cégeps, dit Lucie Piché, présidente de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ). Chez les professeurs qui sont en train de préparer leur session, une « incertitude » plane.

On est dans la même situation que le réseau scolaire : on a beau nous dire de nous préparer pour le 17 janvier, les gens ont de la difficulté à y croire tellement il y a une explosion de cas de COVID-19.

Lucie Piché, présidente de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Samuel Vaillancourt, croit qu’il serait temps que la ministre Danielle McCann s’adresse aux étudiants.

« Pour l’instant, on nous dit que ce sera comme l’automne dernier, mais on voit que ce n’est pas adapté au nombre de cas que l’on observe chaque jour. C’est très inquiétant. Comment va-t-on rendre les campus plus sûrs qu’ils ne l’étaient la session dernière ? », demande M. Vaillancourt, qui s’attend à des annonces « concrètes ».

Le gouvernement pourrait profiter de la « très forte adhésion » des cégépiens à la vaccination pour offrir la troisième dose sur les campus ou encore distribuer des tests rapides aux étudiants, avance-t-il. Comme une bonne partie de la population, la plupart d’entre eux n’en ont pas entre les mains.

À quelques jours de la rentrée, les enseignants ont eux aussi des « considérations pragmatiques, comme la troisième dose et les tests rapides », dit Lucie Piché.

Éclosions « peu nombreuses et contrôlées »

Le ministère de l’Enseignement supérieur dit ne pas envisager d’instaurer le passeport vaccinal pour assister aux cours dans les cégeps et les universités, et rappelle que l’automne dernier, les éclosions ont été « peu nombreuses et contrôlées » dans ces établissements.

C’est vrai, dit Samuel Vaillancourt, mais la contagiosité du variant Omicron vient changer la donne. Qu’est-il prévu pour les étudiants qui devront s’isoler en plus grand nombre pendant 5 ou 10 jours en raison de symptômes ? A-t-on prévu quelque chose pour eux ? demande le président de la FECQ.

Ce qu’on veut éviter, c’est qu’un étudiant qui a des symptômes ou qui est en attente d’un test ait une pression pour aller sur son campus.

Samuel Vaillancourt, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec

La date de rentrée varie selon les cégeps de la province, mais la plupart auront accueilli leurs étudiants au plus tard le 24 janvier.

Si la Fédération des cégeps a indiqué à La Presse que « les cégeps se préparent à reprendre en présence » comme prévu, le Regroupement des cégeps de Montréal note que ceux qui doivent commencer le 17 janvier envisagent de le faire à distance.

« Les cégeps et les universités de Montréal rencontrent la Direction régionale de la santé publique de Montréal régulièrement. La dernière réunion a eu lieu mercredi. Nous en aurons une autre dans deux semaines », a indiqué Nathalie Vallée, présidente du Regroupement des cégeps de Montréal. Ces rencontres, dit-elle, permettent notamment de discuter de la gestion des cas dans les établissements.

Certains cégeps ont déjà avisé leur communauté qu’un « plan de repli » prévoyant une rentrée d’abord à distance pourrait rapidement être activé. C’est le cas au cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu, où la rentrée est prévue le 24 janvier. Au cégep de Sherbrooke, on se prépare à une rentrée en présence dès le 17 janvier.

Quoi qu’il en soit, des étudiants n’ont pas supporté l’incertitude causée par cette nouvelle vague de COVID-19. Devant la crainte d’une nouvelle session qui serait entièrement à distance, certains ont déjà décidé d’annuler leurs cours, dit-on à la FECQ.

48

Nombre de cégeps publics au Québec

175 000

Nombre de cégépiens à l’enseignement régulier

Source : Fédération des cégeps