Le retour en classe le 17 janvier est un scénario « souhaitable », mais peu probable

Publié le 5 janvier
Marie-Eve Morasse
Marie-Eve Morasse La Presse

Face à la hausse du nombre de cas de COVID-19 qui ne s’essouffle pas, un retour en classe le 17 janvier est un objectif « souhaitable », selon syndicats et directions, mais qui s’éloigne pour des parents.

« Je ne vois pas comment on pourrait rouvrir dans deux semaines. »

Porte-parole du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec, Sylvain Martel explique que, face à la montée du nombre de cas de COVID-19, il en est bien plus à préparer l’école à distance « pour un petit bout » qu’à envisager un retour en classe.

Parce que l’école est un lieu où on « multiplie les contacts, il faudra d’abord qu’il y ait stabilisation [du nombre] de cas », dit Kathleen Legault, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES).

Car si les écoles devaient ouvrir ce mercredi, on ferait face au même problème que dans les hôpitaux : du personnel mis sur le carreau à cause de la COVID-19. « C’est une préoccupation majeure », dit Mme Legault.

« Les enseignants se font de plus en plus rares avec les éclosions qu’on vit. Il y a une réalité : si on veut revenir à l’école en présentiel à un moment donné, ça va prendre des gens », fait observer Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE).

Il faudrait dans ce cadre ouvrir davantage de plages de vaccination pour que le personnel obtienne sa troisième dose avant une rentrée en personne. Certains ont rapporté à la FSE ne pouvoir obtenir de rendez-vous avant la fin de janvier.

Des problèmes demeurent

Le gouvernement Legault a maintes fois rappelé son désir de fermer les écoles aussi peu que possible, mais s’il souhaite les rouvrir dans deux semaines, il devra dire « comment on a sécurisé les lieux », dit Mme Scalabrini.

Elle cite la qualité de l’air, un problème qu’« on ne vient pas de découvrir ». « On en parlait il y a un an et demi. C’est le deuxième hiver qu’on vit avec ça et on n’a jamais réussi à rassurer les enseignants dans le milieu », dit Mme Scalabrini, qui rappelle qu’on en est encore à dire aux enseignants d’ouvrir les fenêtres en plein hiver.

L’Ontario a annoncé il y a quelques jours que 3000 purificateurs d’air seraient achetés pour les écoles de la province et qu’on fournirait des masques N95 au personnel.

Devrait-on installer des purificateurs d’air dans les classes ? La FSE ne se risque pas à les demander formellement.

Même si [le gouvernement] disait demain matin qu’il y aurait des purificateurs d’air dans toutes les classes, personne ne va y croire.

Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement

Elle cite l’exemple de l’équipement informatique pour l’école à distance et les lecteurs de CO2 promis par Québec, qui ne sont pas arrivés aux dates prévues. Quant aux masques N95, le personnel qui travaille avec des élèves dans les écoles spécialisées n’y a même pas accès, rappelle-t-elle.

L’AMDES croit qu’il pourrait s’agir d’une condition préalable à un retour dans les écoles. « On l’a offert au personnel en Ontario : pourquoi pas au Québec ? », demande sa présidente, Kathleen Legault.

Les familles devraient aussi avoir accès à des trousses de tests rapides, propose-t-elle.

Le porte-parole du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec, qui représente notamment les régions de Montréal et de Laval, dit quant à lui qu’il aimerait savoir « que les gens ne sont pas en train d’improviser, qu’on a un plan ». Dans ce contexte, Sylvain Martel estime que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, « manque l’occasion de montrer qu’il est aux commandes ».

Questionné au sujet des masques N95, des tests rapides et des purificateurs d’air dans les écoles, le cabinet du ministre de l’Éducation a indiqué qu’un point de presse prévu ce mercredi répondrait à ces questions. M. Roberge sera accompagné du directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda.