(Montréal) Pour la première fois, les trois organisations syndicales qui représentent des travailleuses dans les CPE ont débrayé en même temps mardi.

Lia Lévesque La Presse Canadienne

Et pour la première fois aussi, des représentantes des trois organisations ont manifesté ensemble devant les bureaux du ministère de la Famille, à Montréal, et devant les bureaux du Conseil du trésor, à Québec.

Les travailleuses membres de syndicats de la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN, ont commencé leur débrayage lundi matin et resteront en grève jusqu’à la fin de la journée jeudi.

Les travailleuses membres de syndicats de la Fédération des intervenantes en petite enfance, affiliée à la CSQ, ont commencé leur débrayage lundi matin et elles demeureront en grève jusqu’à mercredi en fin de journée.

C’est aussi mercredi que la FIPEQ consultera ses membres sur l’opportunité de se doter d’un mandat de grève illimitée. Il serait exercé au moment jugé opportun, selon l’état des négociations.

La FSSS compte faire de même le lendemain.

Quant aux travailleuses membres du Syndicat québécois des employés de service (SQEES), affilié à la FTQ, elles se sont jointes au mouvement de grève mardi matin. Elles feront la grève jusqu’à la fin de la journée jeudi.

Négociation laborieuse

La FIPEQ et la FSSS avaient toutes deux conclu à la rupture des négociations avec le gouvernement du Québec, vendredi soir dernier, après plusieurs jours d’intenses négociations.

La présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, n’était pas du même avis et se disait toujours ouverte à discuter.

La FSSS était donc de retour à la table de négociation mardi et elle doit aussi l’être mercredi. Et la FIPEQ le sera jeudi.

Toutefois, la FIPEQ a fait savoir que si les négociateurs gouvernementaux maintiennent la même offre pour les « autres » travailleuses des CPE que les éducatrices, les discussions ne dureront pas longtemps.

Québec offre en effet des augmentations plus généreuses pour les éducatrices, parce qu’elles sont sous-payées, de son propre aveu, et qu’il y a pénurie d’éducatrices. Il a même augmenté partiellement leur salaire en pleine négociation.

Mais Québec n’est pas prêt à en faire autant pour les « autres » travailleuses dans les CPE, soit les employées à la cuisine, à l’administration et à l’entretien.

Pour elles, Québec offre les mêmes augmentations que ce qui a été conclu avec l’ensemble des employés de l’État, soit 2 % par année pendant trois ans, avec une bonification pour les plus bas salariés.

C’est cette bonification qui fait dire à la ministre LeBel que le gouvernement offre 9 % d’augmentation à ces « autres » travailleuses.

Mais, selon les calculs de la FIPEQ, cela ne touche pas toutes les « autres » travailleuses d’un CPE de manière uniforme. Pour certaines, ce serait 6 % d’augmentation sur trois ans, pour d’autres 7,5 % ou 8 % ou 9,3 %, selon le titre d’emploi.