(Montréal) Alors que plusieurs CPE du Québec sont touchés à compter de lundi par trois ou quatre jours de grève — variable selon l’organisation syndicale — le gouvernement du Québec et les trois centrales syndicales ont défendu leur position dans cette difficile négociation.

Lia Lévesque La Presse Canadienne

En conférence de presse conjointe lundi à Montréal, les dirigeants de la CSN, de la CSQ et de la FTQ ont confirmé que leurs syndicats concernés solliciteront auprès de leurs membres un vote de grève illimitée, après les journées de grève cette semaine.

Les membres de syndicats de la Fédération des intervenantes en petite enfance, affiliée à la CSQ, débraient lundi, mardi et mercredi.

Ceux de syndicats de la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN, débraient de lundi à jeudi.

Ceux du Syndicat québécois des employés de service (SQEES), affilié à la FTQ, débraieront de mardi à jeudi.

Mieux au Tim Horton’s

Le principal point d’achoppement, maintenant, est le salaire offert par Québec aux « autres » travailleuses que les éducatrices dans les Centres de la petite enfance. Il s’agit des employées à la cuisine, à l’administration, à l’entretien.

« C’est clair qu’aucune entente ne va être possible sans que le Conseil du trésor révise sa position », a prévenu Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ.

« J’entends encore ce matin qu’il y a des Tim Horton’s qui offrent jusqu’à 20 $ l’heure pour leurs employés. Il y a beaucoup de monde dans les CPE qui ne gagnent même pas ça », a lancé le numéro deux de la FTQ.

Priorité aux éducatrices

En fait, Québec a choisi d’accorder la priorité aux éducatrices parce que celles-ci sont sous-payées — de son propre aveu — et qu’il existe une pénurie d’éducatrices. Il leur offre donc des augmentations de salaire plus importantes.

« Au niveau des éducatrices, on n’est pas très loin » l’un de l’autre, a fait savoir Éric Gingras, président de la CSQ.

Québec ne se montre pas aussi généreux envers les « autres » travailleuses dans les CPE.

En entrevue au 98,5 FM lundi matin, la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, a soutenu que le gouvernement n’était pas capable financièrement d’en faire autant pour les « autres » travailleuses dans les CPE que pour les éducatrices.

« On ne peut pas le faire pour l’ensemble des gens », a justifié la ministre.

Pendant ce temps, les parents doivent se trouver une solution de rechange pour leur service de garde. Certains appuient encore la cause des travailleuses des CPE, d’autres moins qu’avant, vu la multiplication des journées de grève en octobre et novembre et, maintenant, la menace d’une grève illimitée.

« Je pense que c’est mieux quelques jours de grève qu’une fermeture de CPE parce qu’il manque de personnel », a répliqué Caroline Senneville, présidente de la CSN.

La FIPEQ affirme que de son côté, les négociations avec Québec sont rompues depuis vendredi soir.

Interrogée sur la possibilité d’une loi spéciale pour mettre fin à la grève, la ministre LeBel l’a écartée pour l’instant. « À ce stade-ci, je continue de penser qu’on est capable de s’entendre. »