La grève s’est poursuivie vendredi dans plusieurs Centres de la petite enfance du Québec, au lendemain de l’annonce par le gouvernement d’une augmentation partielle du salaire des éducatrices, et ce, dès maintenant.

Lia Lévesque La Presse Canadienne

Vendredi, ce sont les travailleuses membres d’un syndicat de la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN, qui ont débrayé pour une troisième journée, à même leur mandat de 10 jours. Elles ont aussi manifesté devant le parlement à Québec.

Lundi et mardi prochains, ce seront les travailleuses du Syndicat québécois des employés de service, affilié à la FTQ, qui débraieront à leur tour.

Aussi, les travailleuses de deux CPE du Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, à Port-Cartier et à Rouyn-Noranda, sont même en grève illimitée depuis mercredi dernier.

Avant elles, ce sont les travailleuses de la Fédération des intervenantes en petite enfance, affiliée à la CSQ, qui avaient tenu une journée de grève tournante, par région, mardi et mercredi.

Québec a annoncé, jeudi, qu’il verserait dès maintenant une partie de l’augmentation de salaire qu’il a proposée en juillet aux éducatrices, dans le cadre des négociations pour le renouvellement des conventions collectives.

Les salaires

À l’heure actuelle, dans un CPE, une éducatrice qualifiée gagne 19 $ au premier échelon, et jusqu’à 25,18 $ au 10e et dernier échelon.

L’offre complète de Québec porterait les salaires, à la fin de la convention collective, à 21,38 $ au premier échelon et à 28,31 $ au 10e et dernier échelon, mais pour les éducatrices qualifiées seulement.

L’annonce de Québec vise à verser dès maintenant une partie de ces augmentations, en excluant celles qui sont prévues en 2022.

Les négociations se poursuivent tout de même entre les parties, aussi sur les questions pécuniaires.

Durée de la semaine

De même, comme bon nombre d’éducatrices ont actuellement une semaine de 32 à 36 heures, alors qu’on manque d’éducatrices, Québec veut les inciter à adopter une semaine de 40 heures.

Pour y parvenir, Québec offre une prime de 50 $ par semaine à celles qui accepteraient de faire 40 heures — d’où le fameux 17 % d’augmentation, souvent évoqué, qui est en fait l’équivalent en pourcentage de ce montant qui s’ajoute aux augmentations de salaire.

Ainsi, celles qui adopteraient la semaine de 40 heures toucheraient, avec ce montant forfaitaire, « l’équivalent » de 22,27 $ au premier échelon et de 29,20 $ au 10e échelon.

Et les autres travailleuses

Les syndicats sont pris entre l’arbre et l’écorce, car ils ne représentent pas seulement des éducatrices, mais aussi des travailleuses à la cuisine, à l’entretien et à l’administration dans les CPE. Or, elles ne bénéficieraient pas des mêmes augmentations que les éducatrices.

Sur un autre front, des garderies privées non subventionnées planifient une journée de fermeture, le 20 octobre, pour sensibiliser le gouvernement à leur situation.

Le gouvernement du Québec doit recevoir 6 milliards sur cinq ans de la part du gouvernement fédéral pour son réseau de services de garde. Québec veut d’ailleurs développer encore son réseau, vu l’importance des listes d’attente.