(Québec) La Fédération étudiante collégiale du Québec estime qu’imposer l’épreuve uniforme de français aux étudiants francophones et allophones pour obtenir leur diplôme d’études collégiales dans un cégep anglais est « un frein supplémentaire à la réussite ».

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Dans sa réforme de la loi 101, le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, exige des étudiants des cégeps anglophones qui n’ont pas eu accès à l’éducation en anglais au primaire et au secondaire de réussir l’épreuve uniforme de français (EUF) pour obtenir leur DEC. Or, les cours de français langue seconde qui sont offerts dans ces cégeps ne les préparent pas à réussir l’épreuve.

« Alors que dans les cégeps francophones, les étudiants sont soumis à trois cours de français, langue d’enseignement et littérature avant la passation de l’EUF, dans les cégeps anglophones, [ils] suivent uniquement deux cours de français langue seconde. […] Il est impensable que l’ensemble des étudiants francophones et allophones, indépendamment de leur langue d’enseignement se soumettent à la même épreuve uniforme de français », estime la FECQ.

Des cours de français gratuits

Pour augmenter la maîtrise du français des étudiants québécois, qu’ils étudient dans un cégep anglophone ou francophone, la FECQ suggère à Québec « des moyens davantage pédagogiques ».

« Afin de favoriser la protection et la valorisation de la langue française, il serait intéressant que l’ensemble de la population étudiante collégiale ait accès à des cours de français gratuits », demande la fédération étudiante.

Ces cours, explique-t-elle, « pourraient être crédités comme cours complémentaires afin de ne pas alourdir le cursus scolaire de la population étudiante ». La FECQ souhaite aussi que Québec bonifie son soutien aux centres d’aide en français dans tous les cégeps.

Un meilleur accès à la littérature québécoise

En matière d’accessibilité aux œuvres littéraires québécoises, la fédération étudiante demande au gouvernement d’insérer « au devis ministériel anglophone des cours de français langue seconde la nécessité d’étudier un minimum d’œuvres littéraires québécoises ».

« Cela permettrait de faire rayonner la culture francophone du Québec et les étudiants pourraient sortir du cégep avec une meilleure connaissance de la langue française et des œuvres qui ont marqué la culture québécoise », estime la fédération étudiante.

« Toujours dans l’optique de faire des cégeps anglophones des vecteurs de la valorisation de la langue française, […] la FECQ propose de permettre aux étudiants des cégeps anglophones de remettre leurs travaux en français, comme il est coutume de faire à l’université d’Ottawa et à McGill », ajoute-t-elle.