(Montréal) L’idée de rendre obligatoire l’obtention d’un baccalauréat pour devenir infirmière est une « idée frivole », estime une coalition qui regroupe les cégeps publics, mais aussi des étudiants et des enseignants.

Marie-Eve Morasse
Marie-Eve Morasse La Presse

Dans une sortie commune faite mercredi, la Coalition pour le maintien du DEC qualifiant en soins infirmiers demande à Québec de mettre fin à une « remise en question qui perdure depuis 20 ans ».

C’est le dévoilement du rapport sur les états généraux de la profession infirmière a mis le feu aux poudres. Parmi une trentaine de recommandations, les commissaires Francine Ducharme et Robert Salois ont proposé la semaine dernière que les infirmières ne puissent plus entrer dans la profession par une formation collégiale.

Le jour même de la publication du rapport, le ministre de la Santé Christian Dubé a balayé l’idée du revers de la main et expliqué qu’« avec la crise que l’on vit, on n’en est pas là ».

La coalition en appelle malgré tout à la fin de ce débat qu’elle juge « stérile » et réclame plutôt une réforme du programme de soins infirmiers au collégial. Les cégeps forment des infirmières depuis 50 ans et le programme demeure inchangé depuis 20 ans, rappelle-t-on.

« Cette formation est plus vieille que la majorité des étudiantes qui la poursuivent », a illustré en point de presse Samuel Vaillancourt, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

Il ne s’agit pas d’une guerre entre cégeps et universités pour obtenir davantage de clientèle, assure en outre la coalition.

« C’est une question d’accessibilité », explique Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps. « Si demain matin, les cégeps ne forment plus les infirmières du Québec, comment va-t-on s’assurer de la disponibilité de la main-d’œuvre qualifiée partout au Québec ? », demande-t-il.